Des ambulanciers tentent de ranimer une personne victime d’une surdose.

Des ambulanciers tentent de ranimer une personne victime d’une surdose.
Photo Credit: CBC

Journée nationale contre les surdoses : « Ils parlent, on meurt! » – AQPSUD

Share

L’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD) estime que le Canada fait face actuellement à une épidémie de surdoses qui ne ressemble en rien à ce que l’on a pu connaître par le passé. Mentionnant des chiffres qui donnent froid dans le dos en raison du nombre de morts, qui se comptent par milliers au pays depuis plusieurs années, l’Association appelle à la mise en place de mesures pour s’attaquer réellement aux causes des vagues qui se propagent partout au Canada.

Des chiffres inquétants

Jean-François Mary, directeur général AQPSUD
Jean-François Mary, directeur général AQPSUD © Jean-François Mary

Jean-François Mary, directeur général de l’AQPSUD, relève le cas de la Colombie-Britannique qui a recensé l’année passée 950 morts par surdose pour tirer la sonnette d’alarme sur un phénomène qui gangrène le pays tout entier.

Il mentionne le fait que cette tendance pour le mois de janvier 2017 n’a pas baissé, ce qui révèle une véritable épidémie en Colombie-Britannique.

Parlant du Québec, M. Mary fait état d’une augmentation du nombre de morts par surdose de l’ordre de 140 % au cours de ces dernières années, une tendance que l’on retrouve également dans des provinces comme l’Ontario où la crise est similaire à la Colombie-Britannique. En Alberta également la situation est liée à l’émergence de drogues telles que le fentanyl.

Jean-François Mary décrit une vague générale de fond face à la consommation des opioïdes.

L’AQPSUD attribue ce qu’elle considère comme une crise de santé publique à la prohibition qui mettrait en danger les utilisateurs de drogues puisqu’elle ne leur permet pas de « consommer avec dignité », les mettant dans une situation de risque et de surdose.

Écoutez
Un jeune toxicomane sous l’emprise d’un opiacé
Un jeune toxicomane sous l’emprise d’un opiacé © iStock

Faut-il décriminaliser et réguler toutes les drogues?

En face du phénomène de surdoses et de ses ravages sur la santé des consommateurs, l’AQPSUD profite de la journée nationale contre les surdoses pour formuler quelques recommandations susceptibles d’aider à renverser la tendance.

Parmi les plus importantes, la décriminalisation et la régulation de toutes les drogues.

Par rapport à cette recommandation, M. Mary mentionne le cas du Portugal où les résultats de cette décriminalisation ont eu, depuis 2001, des résultats positifs.

S’appuyant sur cet exemple, il soutient qu’un consensus commence à s’observer dans les organisations du milieu, chez certains experts et sénateurs qui estiment qu’il faut décriminaliser les opioïdes notamment, voire toutes les autres drogues plus largement pour pouvoir agir adéquatement et ne plus placer les personnes en situation d’illégalité. Cela les prive de services. De plus, les pouvoirs publics ont ainsi moins de moyens d’action.

Reconnaissant que cet enjeu de la décriminalisation est délicat et s’inscrit sur le long terme, étant donné qu’une telle préoccupation « n’attire pas le vote des électeurs », selon Jean-François Mary, ce dernier rappelle qu’il existe d’autres moyens qui permettraient de calmer l’épidémie de surdoses qui a cours en ce moment.

Il souligne entre autres :

  • l’accroissement de l’accès aux traitements de la dépendance aux opioïdes;
  • le soutien aux initiatives de réduction des méfaits;
  • l’implication de personnes utilisatrices de drogues et des organisations qui les représentent dans la conception et la mise en œuvre de mesures qui les concernent;
  • la facilitation de l’accès à la naloxone (antidote aux opioïdes) sur l’ensemble du Québec.
    La Naloxone, un médicament utilisé comme antidote lors de surdose n’est pas sur la liste des médicaments remboursés par l’Assurance maladie.
    La Naloxone, un médicament utilisé comme antidote lors de surdose n’est pas sur la liste des médicaments remboursés par l’Assurance maladie. © Gretchen Ertl / Reuters

À lire aussi :

Les surdoses de fentanyl font des ravages en Colombie-Britannique

Québec : les décès dus aux surdoses de drogue sont inhabituellement élevés

L’approche préventive pour combattre la crise des opioïdes.

Share
Catégories : Santé, Société
Mots-clés : , , , , , , , ,

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

@*@ Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 caractères restants

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s'ils respectent la nétiquette.

Nétiquette »

Quand vous vous exprimez dans le cadre d'une tribune, vous devez être aussi courtois que si vous parliez à quelqu'un face à face. Les insultes et attaques personnelles ne seront pas tolérées. Ne pas être d'accord avec une opinion, une idée ou un événement est une chose, mais manquer de respect envers autrui en est une autre. Les grands esprits ne se rencontrent pas toujours, et c'est bien là l'intérêt des tribunes!

La nétiquette est l'ensemble des règles de conduite régissant le comportement des internautes. Avant d'intervenir dans une tribune, il est important d'en prendre connaissance. Sinon, on risque l'expulsion!

  1. Les tribunes de RCInet.ca ne sont pas anonymes. Au moment de s'inscrire, les utilisateurs sont tenus d'indiquer leurs nom, prénom et lieu de résidence, qui s'afficheront au moment de la publication de leur commentaire. RCInet.ca se réserve le droit de ne pas publier un commentaire s'il existe un doute quant à l'identité de son auteur.
  2. L'usurpation de l'identité d'autrui dans l'intention d'induire en erreur ou de causer un préjudice est une infraction grave passible d'expulsion.
  3. Les tribunes de Rcinet.ca sont ouvertes à tous, quels que soit l'âge, l'origine ethnique, la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle.
  4. Les propos diffamatoires, haineux, racistes, xénophobes, homophobes, sexistes ou disgracieux envers l'origine ethnique, l'appartenance à une religion ou à un groupe d'âge ne seront pas publiés.
  5. Dans Internet, les majuscules équivalent aux cris et peuvent être interprétées comme de l'agressivité, ce qui est plutôt désagréable pour vos interlocuteurs. Tout message contenant un ou des mots écrits en majuscules (à l'exception des sigles et des acronymes) sera rejeté. Il en sera de même pour les messages contenant un ou des mots en caractères gras, italiques ou soulignés.
  6. Le langage vulgaire, obscène ou malveillant est interdit. Les tribunes sont des lieux publics, et vos propos pourraient heurter certains internautes. Les personnes faisant usage d'un langage grossier seront expulsées.
  7. Le respect mutuel est de mise entre les utilisateurs. Ainsi, il est interdit d'injurier, de menacer ou de harceler un utilisateur. Vous pouvez exprimer votre désaccord avec une idée sans attaquer quiconque.
  8. L'échange d'arguments et de vues contradictoires est un élément clé d'un débat sain, mais il ne doit pas prendre la forme d'un dialogue ou d'une discussion privée entre deux participants qui s'interpellent sans égard aux autres participants. Les messages de ce type ne seront pas affichés.
  9. Radio Canada International diffuse en cinq langues. Les échanges dans les forums doivent se faire dans la même langue que le contenu que nous publions ou dans une des deux langues officielles, soit le français ou l'anglais. L'usage d'autres langues, à l'exception de quelques mots, est interdit. Les messages sans rapport avec le sujet ne seront pas publiés.
  10. L'envoi de messages à répétition nuit aux échanges et ne sera pas toléré.
  11. L'insertion d'images ou de tout autre type de fichier dans les commentaires est interdite. L'inclusion d'hyperliens vers d'autres sites est permise, à condition qu'ils respectent la nétiquette. Toutefois, Radio Canada International n'est aucunement responsable du contenu de ces sites.
  12. La copie d'un texte d'autrui, même avec référence à son auteur, est inacceptable si cet extrait constitue la majeure partie du commentaire.
  13. La publicité et les appels à la mobilisation, sous quelque forme que ce soit, sont interdits dans les tribunes de Radio Canada International.
  14. Tous les commentaires et autres types de contenus sont modérés avant publication. Radio Canada International  se réserve le droit de ne pas publier les messages des internautes.
  15. Radio Canada International se réserve le droit de fermer une tribune à tout moment, sans préavis.
  16. Radio Canada International se réserve le droit de modifier ces règles de conduite (nétiquette) en tout temps, sans préavis.
  17. En participant à ses tribunes, vous autorisez Radio Canada International à publier vos commentaires sur la toile pour un temps indéfini. Cela suppose aussi que ces messages seront indexés par les moteurs de recherche d'Internet.
  18. Radio Canada International  n'est nullement tenue de retirer vos messages du web, si un jour vous en faites la demande. Nous vous invitons donc à bien réfléchir à vos propos et aux conséquences de leur publication.

*