Les quatre candidats aux élections provinciales du Québec lors du débat des chefs du 17 septembre 2018. De gauche à droite: le candidat libéral (PLQ), Philippe Couillard, le candidat du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, le candidat de la Coalition Avenir Québec (CAQ), François Legault et la candidate de Québec Solidaire (QS), Manon Massée. (Crédit photo : La Presse canadienne/Ryan Remiorz)

L’immigration : encore et toujours un enjeu crucial en période électorale

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Alors que les citoyens du Québec sont appelés lundi à choisir un nouveau premier ministre, le thème de l’immigration a de nouveau accaparé la campagne électorale. Pas une semaine sans déclarations-chocs des candidats. Pourquoi l’immigration est-elle devenue un sujet aussi crucial en période d’élections? On en discute avec Kamel Beji, titulaire de la chaire de recherche sur l’intégration et la gestion des diversités en emploi à l’Université Laval.

L’immigration a toujours été un sujet important pendant des élections, rappelle-t-il. « C’était aussi le cas lors des élections de 2014 avec la Charte des valeurs que le Parti québécois (PQ) voulait mettre en place. L’immigration était ici abordée sur un fond plus identitaire. »

L’immigration, sujet chaud de plus en plus présent. Aujourd’hui, trois raisons expliquent la place grandissante de l’immigration sur les programmes électoraux, selon M. Beji. « La première est purement économique. Il est question de la rareté de la main-d’œuvre et des situations de pénuries dans le secteur privé comme dans le secteur public. »

La deuxième raison, elle est électoraliste et politique, ajoute-t-il en entrevue (8 minutes et 45 secondes). « Le Parti libéral (PLQ) avait tout intérêt à axer le débat sur la question de l’immigration, puisqu’il estime que c’est sa force. La CAQ, le concurrent du PLQ, si l’on en croit les sondages, pensait aussi tirer profit de la question de l’immigration, mais en jouant cette fois une carte plus populiste. »

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« Enfin, la troisième raison est à mon avis sociale, car la question de l’intégration pose problème au Québec. Tous les gouvernements successifs ont à affronter ce défi au moins depuis les 15 dernières années. Ce qui est d’ailleurs déplorable, c’est que la question de l’immigration est instrumentalisée au détriment des personnes immigrantes et de leur intégration. »

Kamel Beji a suivi les débats politiques de ces dernières semaines. Il déplore ne pas avoir entendu parler de projets constructifs en matière d’immigration. « Pas un mot pour une meilleure reconnaissance des acquis de compétences ni de solutions concrètes pour la régionalisation de l’immigration ou des solutions pour donner de meilleurs moyens aux organismes qui aident les immigrants à l’intégration. »

Kamel Beji, titulaire de la chaire de recherche sur l’intégration et la gestion des diversités en emploi à l’Université Laval (Photo fournie par Kamel Beji)

Même si l’immigration semble omniprésente en période d’élections, c’est surtout son instrumentalisation qui fait sourciller.

« Il existe de vraies problématiques qui ne sont jamais abordées, car elles ne font pas le débat public. Quand un candidat déclare qu’il a peur que ses petits-enfants ne parlent plus le français, il ne propose rien de constructif. Toutes les études montrent que ce n’est pas la francisation ou la langue française qui posent problème. Les personnes issues de l’immigration venant de pays francophones sont celles qui s’intègrent le moins bien au Québec. Les entreprises demandent plus de compétences en langue anglaise qu’en langue française. Mais de cela, personne n’en parle. »

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