Un élan traverse la route de Yellowhead dans le parc national Jasper en Alberta, le 14 novembre 2016 (Crédit photo : Reuters/Chris Helgren)

Au Canada aussi les espèces animales disparaissent

Selon un récent rapport inquiétant du WWF (le Fonds mondial pour la nature), entre 1970 et 2014, les animaux sauvages ont décliné de 60 %. En seulement 40 ans, la Terre a perdu un nombre considérable de ses animaux sauvages. Aucune région sur la planète ne semble épargnée. L’activité humaine serait responsable de l’hécatombe. Quand est-il au Canada? Le pays est-il à l’abri du désastre? On joint Sophie Paradis, directrice pour le Québec de l’organisation WWF-Canada.

Les conclusions de l’étude sont sans équivoques : les animaux disparaissent. « Il s’agit d’un rapport que nous publions et dont les données sont colligées depuis 1970, déclare en entrevue Mme Paradis. Nous constatons le déclin de toutes nos espèces animales vertébrées, les mammifères, les amphibiens, les reptiles, les poissons et les oiseaux.

Toutes les régions du globe sont touchées, certaines plus que d’autres, rappelle la directrice. « Ce qui nous amène à une moyenne globale pour la planète entière d’une perte de 60 % de toutes ces espèces. Le pire se situe en Amérique latine et dans les Caraïbes qui ont connu une perte de 89 % de leur biodiversité. »

Écoutez l’entrevue avec Sophie Paradis (7 minutes et 53 secondes) :

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Il reste que le Canada n’est pas épargné. « En effet, le pays n’est pas à l’abri, précise Mme Paradis. Pour la première fois, nous avons publié en 2017 des résultats alarmants. Nous croyons à tort que nous avons de grands espaces verts. En fait oui, mais ils sont mal protégés. Nos espèces dont les habitats sont fragmentés en souffrent. »

L’effondrement des populations atteint des taux dramatiques. « Par exemple, les populations de mammifères ont chuté de 43 % au Canada, les amphibiens et reptiles de 34 % , les poissons de 20 % – jusqu’à 80 % pour certaines espèces – et enfin les oiseaux, dont les populations de plusieurs groupes ont chuté jusqu’à 69 %. »

Les espèces canadiennes touchées sont bien déterminées.  « Le béluga du Saint-Laurent, le caribou de la toundra, le caribou forestier, autant d’animaux emblématiques qui déclinent à des vitesses inédites. »

Malgré tout, les solutions existent, explique la directrice. On peut agir sur plusieurs plans, aussi bien à l’échelle internationale que nationale. Les entreprises et les citoyens ont aussi un rôle à jouer. La surconsommation est l’une des plus grandes menaces à notre biodiversité. L’agriculture ou la surpêche sont les conséquences de notre surconsommation. Si la planète entière consommait comme les Canadiens, il faudrait cinq planètes pour assouvir nos besoins de consommation qui sont exagérés. Il faut donc réduire notre consommation et éviter le gaspillage. »

Selon Mme Paradis, il n’est pas trop tard, mais il faut agir vite et tout de suite. « Notre fenêtre d’action est réduite. On n’a plus le loisir d’attendre. Il nous reste peu de temps. Il faut intervenir dès maintenant et à tous les niveaux. C’est une responsabilité de tous afin de régler la situation et ainsi laisser une planète en santé aux générations futures. »

La Terre a vu ses populations d'animaux sauvages, mammifères, oiseaux, poissons, décliner de 60 % entre 1970 et 2014. Une annonce alarmante faite par le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans son dernier bilan. Nous recevons leur directrice pour le Québec, Sophie Paradis.

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Catégories : Environnement, International
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