Des enfants afghans déplacés étudient à l'intérieur d'une tente dans un camp de réfugiés de la province de Herat, en Afghanistan, le 14 octobre 2018. Photo prise le 14 octobre 2018. (Photo : REUTERS/Mohammad Ismail)

UNESCO : les enfants migrants et réfugiés dans le monde pourraient remplir un demi-million de salles de classe

Le nombre d’enfants migrants et réfugiés en âge d’aller à l’école dans le monde a augmenté de 26 % en 18 ans. Ils pourraient à eux seuls remplir un demi-million de salles de classe, selon le Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2019 de l’UNESCO, intitulé Migration, déplacement et éducation, présenté à Berlin mardi. 

Selon le document, les lois et les politiques laissent tomber les enfants migrants et réfugiés en niant leurs droits et en ignorant et leurs besoins.

Les migrants, les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, dit l’édition 2019 du rapport de suivi Éducation globale, comptent parmi les personnes les plus vulnérables du monde, et incluent ceux qui vivent dans des bidonvilles, ceux qui se déplacent avec les saisons pour gagner leur vie et les enfants en détention.

Ils se voient souvent carrément refuser l’entrée dans les écoles qui leur offrent un refuge sûr et la promesse d’un avenir meilleur. Ignorer l’éducation des migrants dilapide une grande partie du potentiel humain. Parfois de la simple paperasse, le manque de données ou de systèmes bureaucratiques et non coordonnés, signifie que de nombreuses personnes passent à travers les mailles du filet administratif.Extrait du rapport Éducation globale de l'UNESCO

Des enfants réfugiés rohingyas observent le camp de Balikhali à Cox’s Bazar, au Bangladesh, le 14 novembre 2018. (Photo : REUTERS/Mohammad Ponir Hossain)

Pourtant, selon l’UNESCO, investir dans l’éducation des migrants et des réfugiés très talentueux et motivés peut stimuler le développement et la croissance économique non seulement dans les pays d’accueil, mais aussi dans les pays d’origine. L’instance onusienne dédiée à l’enfance fait une série de recommandations, dont :

  • Inclure les migrants et les personnes déplacées dans le système éducatif national.
  • Allier compréhension et planification pour répondre aux besoins éducatifs des migrants et des personnes déplacées.
  • Intégrer l’histoire des migrations et des déplacements dans les programmes afin de remettre en question les préjugés.
  • Préparer les enseignants des migrants et des réfugiés aux questions liées à la diversité et aux difficultés économiques.
  • Mobiliser le potentiel des migrants et des personnes déplacées.
  • Répondre aux besoins éducatifs des migrants et des personnes déplacées en matière d’aide humanitaire et d’aide au développement.

Situation au Canada 

Le Canada a une longue histoire d’accueil d’enfants réfugiés. Il a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations unies en 1991. Ainsi, il s’est engagé à respecter et à garantir les droits de chaque enfant à l’intérieur de ses frontières, sans discrimination.

Selon l’UNICEF, bien que le Canada ait été un chef de file dans l’établissement de processus d’immigration reconnaissant les droits et la dignité de toutes les personnes, « les politiques et les services au pays ne remplissent pas leurs engagements envers certains enfants vulnérables et peuvent être améliorés ».

Les enfants d’une femme ayant déclaré à la police venir du Soudan. Ils montent dans un véhicule car ils sont tous placés en détention par des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Leur arrivée, comme celle de beaucoup d’autres venant des États-Unis en 2017, s’est faite à la frontière canado-américaine à Hemmingford, au Québec. Photo prise le 12 février 2017. (Photo : ©REUTERS/Christinne Muschi)

En février 2017, la Société canadienne de pédiatrie a fait une déclaration remarquée dans le contexte de l’arrivée de réfugiés venant des États-Unis après le décret présidentiel qui interdit aux réfugiés et aux immigrants en provenance de pays à prédominance musulmane d’entrer aux États-Unis. Cela menace le bien-être d’innombrables enfants, adolescents et familles.

Les enfants ne choisissent pas d’être des réfugiés ou des immigrants. Ils accompagnent leur famille qui cherche un abri, fuit la persécution et souhaite contribuer à la société. Avant de quitter leur pays d’origine, de nombreux enfants et leur famille connaissent la violence, la faim, la séparation et d’autres atrocités, qui peuvent avoir des effets permanents sur leur santé et leur développement. Il faut offrir une protection, des soins et un soutien aux enfants afin qu’ils mènent une vie saine et enrichissante. Les dommages potentiels à leur santé à court et à long terme sont indéniables.Déclaration de la Société canadienne de pédiatrie au sujet de l’interdiction d’entrée des immigrants aux États-Unis

Même si la Société canadienne de pédiatrie a alors félicité les gouvernements fédéral et provinciaux qui se sont engagés à offrir un refuge aux ressortissants touchés par ce décret, il y a plus à faire. Elle a tout de même exhorté Ottawa à prendre les mesures suivantes :

  • accroître le nombre de réfugiés qui seront acceptés au Canada;
  • accroître le nombre de réfugiés d’Irak et de Syrie parrainés par le secteur privé qui pourront venir au Canada;
  • continuer de s’assurer que les Canadiens ayant une double nationalité avec l’un des sept pays touchés par l’interdiction d’entrée aux États-Unis puissent traverser la frontière américaine avec un passeport canadien valide;
  • suspendre l’Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs, afin que les réfugiés qui se voient refuser l’entrée aux États-Unis puissent venir au Canada;
  • diriger une réponse mondiale à la réinstallation des réfugiés.
Avec des informations du rapport spécial de l'UNESCO, Migration, déplacement et éducation; Société canadienne de pédiatrie. 

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