M. Snowden affirme que le Canada est le mieux placé pour accueillir les sept réfugiés. (Nouvelles Jean-François Bisson/CBC)

Le dénonciateur Edward Snowden exhorte le Canada à secourir 5 autres réfugiés qui l’ont aidé à se cacher

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D’un lieu où il se cache en Russie, le dénonciateur américain Edward Snowden exhorte le gouvernement canadien à accepter comme réfugiés les autres personnes qui l’ont accueilli à Hong Kong lorsqu’il fuyait des poursuites judiciaires aux États-Unis pour avoir publié une série de documents secrets.

Dans une rare interview, il a indiqué à la journaliste Adrienne Arsenault de CBC News que chaque jour où ces cinq personnes restent à Hong Kong, « elles sont en danger immédiat ».

Rappelons que deux des sept personnes qui lui sont venues en aide à l’origine, Vanessa Rodel et sa fille Keana, 7 ans, sont arrivées au Canada la semaine dernière pour se réfugier à Montréal.

Edward Snowden supplie le Canada de laisser entrer les autres familles, soit trois adultes et deux enfants. « Ces gens m’ont aidé en 2013. Et pourtant, nous sommes en 2019 », a dit Snowden à Adrienne Arsenault.

Ces sept personnes ont aidé Edward Snowden à se cacher à Hong Kong. Parmi elles, seules Vanessa Rodel (deuxième à partir de la droite) et sa fille Keana ont été acceptées comme réfugiées au Canada. Photo : AFP / ISAAC LAWRENCE

Deux des sept personnes vivent maintenant en sécurité à Montréal

Vanessa Rodel et sa fille Keana quittent l’aéroport Pearson de Toronto lundi. (Christopher Katsarov/Presse canadienne)

Vanessa Rodel, 42 ans, qui avait aidé le dénonciateur Edward Snowden lors de sa cavale à Hong Kong après ses révélations sur l’agence de surveillance américaine NSA, est arrivée lundi dernier au Canada, où elle vient d’obtenir l’asile avec sa fille de 7 ans.

Vanessa Rodel vivait à Hong Kong depuis 2002 après avoir fui son foyer aux Philippines. Elle y a demandé l’asile en 2010, mais sa demande a été rejetée.

Elle subissait depuis des pressions des autorités hongkongaises et risquait l’expulsion vers son pays d’origine.

Mme Rodel a dit à Radio-Canada que les autorités de Hong Kong l’avaient interrogée au sujet de Snowden. Mais quand elle a refusé de coopérer, son aide sociale a été interrompue. « Nous sommes maintenant résidentes permanentes au Canada. Maintenant, nous sommes en sécurité et libres. Je suis si reconnaissante », a déclaré Mme Rodel à sa sortie du bureau aéroportuaire des services d’immigration canadiens.

Aide-mémoire...
Informaticien et ancien employé de la Central Intelligence Agency (CIA) et de la National Security Agency (NSA), Snowden avait révélé les détails de plusieurs programmes de surveillance de masse américains ayant recours notamment à la captation des métadonnées des appels téléphoniques aux États-Unis, ainsi que l’existence de systèmes d’écoute sur Internet.

Mme Rodel avait caché Edward Snowden dans son appartement de Hong Kong en 2013 après ses révélations-chocs et alors qu’il était en fuite.

Snownden – Photo AFP

Pas d’intervention politique directe du Canada

Vanessa Rodel et sa fille Keana parlent aux médias à l’aéroport de Toronto. Photo : La Presse canadienne via AP

Interrogée par les journalistes, la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland avait mentionné il y a 10 jours qu’elle n’était pas intervenue dans le processus pour accorder à Vanessa Rodel un statut de réfugier.

Elle avait souligné que les décisions sur les demandes d’asile dans le cadre d’un parrainage privé ne sont pas motivées par des considérations politiques dans la foulée notamment des tensions politiques entre le Canada et la Chine dans l’Affaire Huawei.

« Ce n’est pas une question de relations géopolitiques », avait précisé la ministre en réponse à une question sur l’influence négative possible de cette décision spécifiquement sur les relations canado-américaines.

« Ce sont des décisions qui sont prises pour des gens » et qui sont « fondées sur les faits concernant les gens », a-t-elle conclu lors d’un point de presse à Washington, à l’issue d’une rencontre avec le représentant au Commerce Robert Lighthizer.

Le ministère canadien de l’Immigration affirmait pour sa part que, dans des circonstances exceptionnelles, les dossiers de demande d’asile pouvaient être accélérés par rapport aux procédures habituelles.

Le Canada doit intervenir directement, soutient Snowden

« Si ce processus est indépendant, s’il est vraiment indépendant, ils auraient déjà été admis. Je crois, comme tout le monde, que la seule raison pour laquelle ce processus d’admission a pris autant de temps, c’est simplement parce que le gouvernement canadien fait des pieds et des mains pour ne pas créer une apparence qui pourrait irriter le gouvernement des États-Unis », a dit Edward Snowden sur les ondes de CBC.

Rappelons que les États-Unis considèrent toujours Snowden comme un traître et qu’il fait toujours face à des accusations aux États-Unis pour avoir révélé ce qui était considéré comme des secrets d’État.

« La seule chose qu’ils ont faite, c’est qu’ils ont aidé quelqu’un qui risquait des représailles pour avoir dit la vérité. Et si c’est quelque chose que le Canada ne peut soutenir, nous devons le savoir publiquement plutôt que de le faire en privé. »

Regardez l’interview complète en anglais avec Edward Snowden à la télévision de CBC

Entrevue en français avec Edward Snowden la semaine dernière – Radio-Canada

RCI avec les informations de Stephanie Hogan de CBC News, l’Agence France-Presse et la contribution de Radio-Canada

En complément

Whistleblower Edward Snowden calls on Canada to help the refugee families who helped him – CBC 

Demande d’asile des familles « Anges gardiens » d’Edward Snowden : les États-Unis font-ils pression sur le Canada? – RCI 

Le Canada désapprouve la décision de la Russie de donner l’asile à Edward Snowden – RCI 

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Catégories : Immigration et Réfugiés, International, Politique
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