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Mieux payés, les millénariaux sont aussi beaucoup plus endettés et stressés que leurs parents

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Voici l’image qui se dégage des jeunes canadiens sur le marché du travail, si l’on se fie à une enquête de Statistique Canada ainsi qu’à de récents sondages : ils gagnent plus d’argent que leurs parents. Mais ils accumulent des dettes beaucoup plus importantes et semblent soumis à un stress plus grand face aux exigences du marché du travail.

D’abord, selon les nouvelles données de Statistique Canada, les jeunes de 25 à 34 ans étaient dans l’ensemble plus riches, en 2016, que les générations précédentes ne l’étaient au même moment de leur vie.

Lorsque notre agence nationale de la statistique les compare avec le même groupe d’âge en 1999 (génération X) et les jeunes en 1984 qui sont les baby-boomers d’aujourd’hui, on découvre que le revenu médian après impôt des ménages de millénariaux était de 44 093 $ en 2016.

Par comparaison, il était de 33 276 $ pour les X et de 33 350 $ pour les boomers du même âge. Ces chiffres sont ajustés en fonction de l’inflation.

Plus riches, mais avec plus de dettes

Alors que les revenus de la génération millénaire étaient plus élevés, leur niveau d’endettement global était beaucoup plus élevé que celui des générations précédentes.

Le coût de l’éducation (prêts et bourses) est l’une des raisons. Près des trois quarts des millénariaux ont poursuivi des études supérieures après l’école secondaire, alors que seulement un peu plus de la moitié des membres de la génération X l’ont fait.

Près du quart des millénariaux avaient une dette d’études en 2016 avec une valeur médiane de 12 000 $. Cette dette était de 9675 $ pour les membres de la génération X du même âge en 1999, selon Statistique Canada.

Aussi, l’écart entre les millénariaux les plus riches et les plus pauvres est aussi plus grand qu’il ne l’était pour les générations précédentes.

Plus cher pour se loger

Il appert que le coût du logement est un autre facteur majeur qui creuse l’écart entre les jeunes d’aujourd’hui et ceux d’hier.

Selon Statistique Canada, le niveau médian des hypothèques pour la génération du millénaire était de 218 000 $ en 2016, soit plus de 2,5 fois le revenu annuel moyen d’une jeune famille qui possédait une maison cette année-là.

Pour la génération précédente, l’hypothèque typique à cet âge était de seulement 117 481 $. Pour les baby-boomers, c’était à peine 67 802 $.

L’impact du prix des maisons sur les niveaux de richesse des millénariaux est si important qu’il crée un fossé plus large que d’habitude au sein de la même génération, entre ceux qui possèdent leur maison et ceux qui n’en possèdent pas.

Les personnes de 30 à 34 ans qui étaient propriétaires d’une maison en 2016 valaient en moyenne 261 900 $. Ceux qui n’étaient pas propriétaires, cependant, avaient une valeur nette de seulement 18 400 $.

D’autre part, selon une enquête réalisée par la firme de sondage Léger, l’automne dernier, chez les 18-34 ans, 46 % des millénariaux disaient avoir l’intention de devenir propriétaires d’ici cinq ans. Alors que 53 % des jeunes Québécois estiment que la banlieue est plus intéressante, en raison des prix, ils sont 30 % à confier qu’ils opteraient pour les centres-villes si les prix étaient abordables.

Plus riches, mais plus stressés ou épuisés

Un autre sondage l’automne dernier, de Gallup celui-là, envoyait un véritable signal d’alarme sur la santé psychologique des travailleurs millénariaux. On y découvrait que les 22-38 ans seraient plus « épuisés » que les autres générations.

Ainsi, 28 % des millénariaux affirmaient être « souvent » épuisé au travail et une autre tranche de 45 % disait être « parfois » épuisée au travail. Des résultats plus élevés que la cohorte de travailleurs aînés, qui affirmaient être « souvent » épuisés dans seulement 21 % des cas.

En 2014, un sondage révélait que 8 6% des millénariaux éprouvaient des épisodes d’épuisement comparativement à 76 % pour l’ensemble des travailleurs. En 2015, la firme de Deloitte établissait ce pourcentage de millénariaux « épuisé » à 84 %, contre 77 % pour l’ensemble des répondants.

LISEZ AUSSI : Les finances et le manque de confiance empêchent les millénariaux de faire plus de dons de bienfaisance...

Depuis le début des années 2000, les bracelets de couleurs en plastique sont devenus la représentation de l’implication d’une personne dans une cause charitable. Les jeunes sont les plus enclins à les porter. © Scott Barbour/Getty Images

RCI avec les informations de Pete Evans de CBC News et la contribution de Radio-Canada

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Catégories : Économie, Santé, Société
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