La Station spatiale internationale (ISS) photographiée par les membres de l'équipage Expedition 56. (Crédit photo : NASA/Reuters/Roscosmos)

Déterminer les bactéries dans la Station spatiale internationale

Des bactéries dans l’espace? Une nouvelle méthodologie génomique a permis de révéler la présence d’un écosystème bactérien à bord de la Station spatiale internationale (SSI). On doit cette découverte à une équipe de scientifiques de l’Université de Montréal et de l’Université McGill, dont le Dr Emmanuel Gonzalez, spécialiste en métagénomique à l’Université McGill.

La métagénomique est une méthode d’étude du contenu génétique d’échantillons issus d’environnements complexes (exemple : intestin, océan, sols, air, etc.). Ils sont prélevés dans la nature par opposition à des échantillons cultivés en laboratoire.

« C’est également tout ce que l’on peut voir à travers un microscope, rappelle le Dr Gonzalez. Avec une équipe de scientifiques et le biologiste Nicholas Brereton, on a développé un programme qui permet de voir les corps microscopiques avec une très grande résolution. »

Détails sur la recherche

L’article (disponible en anglais) « ANCHOR: a 16S rRNA gene amplicon pipeline for microbial analysis of multiple environmental samples» a été publié le 22 mai 2019 dans Environmental Microbiology. Le projet a été conduit par des chercheurs en métagénomique et en bio-informatique de l’Institut de recherche en biologie végétale de l’Université de Montréal, du Jardin botanique de Montréal, composante d’Espace pour la vie, de l’Université McGill, du Canadian Centre for Computational Genomics et et du Centre d’innovation Génome Québec.

(Source : Université de Montréal)

Écoutez l’entrevue avec Emmanuel Gonzalez (7 minutes et 39 secondes) :

Une nouvelle méthodologie génomique a permis de révéler la présence d’un écosystème bactérien à bord de la Station spatiale internationale (SSI).

L’outil permet de voir les choses comme jamais auparavant. Ainsi on a pu déterminer avec précision ce qu’il y avait dans la SSI. « Pour les biologistes, c’est très important de savoir quelle sorte de bactéries évoluent afin d’en comprendre leur dangerosité ou non. »

Les scientifiques pensaient jusqu’à présent que la Station spatiale contenait à peu près la même présence microbienne que dans une maison de type nord-américaine. Eh bien pas du tout, fait remarquer le chercheur.

« Ce que l’on a vu est en fait très différent et cela nous a beaucoup surpris. En gros, chaque passager qui monte dans la station laisse son empreinte bactériologique. En ce qui concerne le passager principal, c’est-à-dire l’être humain, c’est entre 35 000 et 40 000 milliards de bactéries. L’endroit ou couche les astronautes est un environnement relié aux intestins, à l’estomac, la salive ou la bouche. »

Là-haut dans l’espace, est en train de se créer un environnement super complexe qui est tout à fait nouveau, précise M. Gonzalez. « Il faut voir que la Station spatiale est un endroit où, à l’origine, il n’y avait rien au début. La présence humaine y a mis un véritable écosystème. C’est comme peupler une nouvelle planète, toutefois sans l’équilibre biologique que l’on peut trouver sur Terre. »

Détecter des bactéries dans l’espace. (Source : Université de Montréal)

Sur Terre, la consommation des ressources, les déchets et la pollution sont un réel défi. Imagine la difficulté de résoudre ce problème quand tu vis dans des conditions aussi spéciales que celles de la Station spatiale internationale! À ton avis, comment David et les autres astronautes s’y prennent-ils, sans coup de pouce d’éboueurs hebdomadaires ou d’usine de filtration des eaux?

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Catégories : Internet et technologies, Santé
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