Neil Bantleman de retour au Canada avec son épouse Tracy. (Heather Van Sickle)

Un enseignant canadien condamné en Indonésie pour agressions sexuelles sur des enfants est de retour au pays

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Neil Bantleman s’est toujours dit innocent des crimes dont il était accusé et reconnu coupable il y a cinq ans. Il s’attendait à demeurer en prison pendant encore au moins 10 ans. Mais le voilà gracié et de retour au pays.

L’Ontarien de 50 ans, originaire de Burlington, ne fournit pas de précisions sur l’endroit où il réside actuellement ni sur les circonstances de sa libération. Il a demandé que l’on respecte son intimité afin que lui et sa femme Tracy puissent renouer les liens avec leur famille et leurs amis.

Son retour au Canada marque la fin d’une longue saga centrée autour d’une prestigieuse école internationale située à Djakarta. Elle a donné lieu à d’innombrables bras de fer judiciaires et des pressions de la part de représentants canadiens, dont le premier ministre canadien.

Affaires mondiales Canada a refusé de commenter la libération de Neil Bantleman, mais l’enseignant a lui-même remercié le gouvernement pour ce qu’il a décrit comme « son engagement indéfectible » à le ramener au pays.

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a évoqué le cas de Bantleman à plusieurs reprises avec des responsables indonésiens, selon des sources.

Neil Bantleman, lors de l’annonce de son verdict de culpabilité en Indonésie en avril 2015 Photo : Tatan Syuflana/A

Une longue saga judiciaire à multiples rebondissements

M. Bantleman a été arrêté une première fois en juillet 2014. Il enseignait alors à ce qui est maintenant connu sous le nom d’école interculturelle de Djakarta, un haut lieu pour l’éducation des enfants de diplomates et d’autres expatriés.

Il a été accusé d’avoir agressé sexuellement trois élèves de l’école. Il a été reconnu coupable et condamné à 10 ans de prison, mais il a été relâché après l’annulation de la décision.

Neil Bantleman en compagnie de son épouse à sa sortie de prison, à Jakarta – AP/Achmad Ibrahim© AFP/ROMEO GACAD

Neil Bantleman a de nouveau été mis sous les verrous lorsque le plus haut tribunal d’Indonésie a annulé son acquittement en 2016. Ce faisant, les juges ont ajouté un an à sa peine d’emprisonnement initiale.

Le gouvernement canadien s’était alors dit « profondément consterné et choqué » par la décision.

Une affaire de corruption à tous les échelons?

Neil Bantleman a toujours clamé son innocence et critiqué la transparence et l’impartialité de son procès. Les avocats du gouvernement ont présenté des rapports médicaux de trois hôpitaux de Jakarta et de Singapour, où ne figurait pourtant aucune blessure ou anomalie majeure dans l’état des trois enfants au coeur de ce soi-disant cas de pédophilie.

Son avocat affirmait que les allégations de viol avaient été portées devant les tribunaux pour une question d’argent, essentiellement, ce qui avait été confirmé par le directeur et d’autres enseignants de l’école lors de leurs témoignages.

Justin Trudeau a défendu Neil Bantleman

Le premier ministre Justin Trudeau avait profité du sommet du G20 en Chine, en 2016, pour discuter avec son homologue indonésien du cas de M. Bantleman.

M. Trudeau n’avait pas alors précisé quelle réponse il avait obtenue de Jakarta. Ottawa avait dénoncé dans le passé des « irrégularités graves » dans le processus judiciaire entourant la cause de Neil Bantleman.

En 2014, l’enseignant avait demandé l’aide du premier ministre canadien. « Je vous écris en tant que citoyen canadien détenu en ce moment dans une prison indonésienne », commençait par écrire Neil Bantleman dans sa lettre.

« J’ai été injustement accusé, avec mon collègue Ferdinant Tjiong, de crimes que je n’ai pas commis. Jusqu’à présent, l’enquête a été entachée par de l’incompétence et l’incapacité de respecter les règles de la loi ou de suivre un processus correct », ajoutait-il.

Il affirmait que lui et un assistant à l’enseignement avaient été « forcés par les enquêteurs de la police de subir des procédures médicales poussées sans leur permission et sans la présence d’un représentant légal ou de l’ambassade ».

Il concluait : « J’ai peur que justice ne soit pas faite dans cette affaire sans une importante pression internationale. »

RCI avec La Presse canadienne et les informations de Dan Taekema et Katie Simpson de CBC News

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Catégories : International, Politique, Société
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