Illustration numérique d'un cancer colorectal. PHOTO : ISTOCK / RAYCAT

Le cancer colorectal surprend au Canada et aux États-Unis ses victimes de plus en plus jeunes

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Les taux de cancer colorectal sont particulièrement en hausse chez les jeunes Canadiens dans la vingtaine et la trentaine. Une analyse de nouvelles données tirées des registres nationaux du cancer au Canada suggère même que ces augmentations pourraient s’accélérer.

Photo : Wikipédia

Entre 2006 et 2015, la dernière année pour laquelle des données sont disponibles, les taux de cancer colorectal ont augmenté de 3,47 % chez les Canadiens de moins de 50 ans. De 2010 à 2015, les taux ont augmenté de 4,45 % chez les Canadiennes de moins de 50 ans.

Les changements récents dans le mode de vie sont peut-être en partie responsables de cette situation. L’obésité et les modes de vie sédentaires, par exemple, sont liés au cancer colorectal, tout comme les régimes alimentaires pauvres en fibres.

Des chercheurs de l’Université du Texas, à Austin, observent eux aussi une tendance semblable aux États-Unis. Ils rapportaient vers la fin juillet que la proportion de patients de moins de 50 ans ayant nouvellement reçu un diagnostic de cancer colorectal est passée de 10 % en 2004 à 12,2 % en 2015. Les personnes plus jeunes étaient également plus susceptibles d’avoir des cas avancés que les personnes plus âgées.

Une tendance annonciatrice de dangers accrus pour les millénariaux

Dr Darren Brenner (Université de Calgary)

« Chaque année, nous constatons une augmentation du cancer colorectal chez les jeunes, et c’est très alarmant », dit le Dr Darren Brenner, épidémiologiste du cancer moléculaire à l’Université de Calgary, en Alberta, et auteur principal de la nouvelle analyse canadienne.

La conséquence pour les millénariaux selon les spécialistes, c’est qu’ils devraient avoir un risque beaucoup plus élevé que leurs parents de développer un cancer du côlon ou du rectum lorsqu’ils atteindront eux-mêmes la cinquantaine ou la soixantaine.

Certaines provinces combattent mieux que d’autres la menace du cancer colorectal

Miser sur la détection précoce : lors de la coloscopie, le gastroentérologue pourra retirer les polypes et les faire analyser pour déterminer s'ils sont cancéreux. Photo : iStock / Eraxion

Tendance inverse chez les Canadiens qui sont nés avant 1969

Si le cancer colorectal surprend ses victimes canadiennes de plus en plus jeunes, en contrepartie, chez les Canadiens de plus de 50 ans, bien qu’ils demeurent plus susceptibles d’être atteints du cancer colorectal que les jeunes, l’incidence de ce cancer diminue.

Ces baisses du nombre de cancers du côlon et du rectum seraient attribuées à l’utilisation généralisée de tests de dépistage préventif ou précoce comme la coloscopie, qui permet de déceler et d’enlever les polypes du côlon avant l’apparition du cancer.

La constipation persistante, les crampes, les ballonnements, le sang dans les selles, la perte de poids inexpliquée et la fatigue peuvent tous être des symptômes.

Une tendance inquiétante en raison du mal sournois du cancer colorectal

Au Canada comme au Québec, le cancer colorectal est au deuxième rang des cancers les plus meurtriers après celui du poumon.

Sa dangerosité est liée au fait que les symptômes sont longtemps masqués. Ainsi, près d’un cancer colorectal sur deux, au Canada, est diagnostiqué trop tard après qu’il s’est propagé aux ganglions ou à d’autres parties du corps.

Pour un cancer dépisté au stade 4, les chances de survie après cinq ans sont de moins de 15 %, alors qu’elles sont de 90 % s’il est détecté au stade 1.

Une colonoscopie : Photo AFP

De façon générale, la recommandation des médecins au Canada est de faire passer un test de dépistage tous les deux ans aux personnes de 50 à 74 ans, même si elles ne présentent pas de risque particulier.

Toutefois, si des programmes de prévention à grande échelle de ce type sont offerts dans pratiquement toutes les provinces, ce n’est pas le cas au Québec ni au Yukon.

En Ontario, où un tel programme de dépistage existe, près de 60 % des Ontariens âgés de 50 à 74 ans ont passé un test depuis 2007. Or, 5 % des patients testés ont eu un diagnostic positif.

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RCI avec La Presse canadienne et la contribution de Doris Larouche, Patrick Masbourian et Alain Gravel de Radio-Canada

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