Des membres de la diaspora algérienne des États-Unis lors d’un rassemblement devant l’Hôtel de ville de San Francisco en novembre dernier en soutien au mouvement populaire en Algérie – Facebook/Dz United

Des membres de la diaspora algérienne des États-Unis lors d’un rassemblement devant l’Hôtel de ville de San Francisco en novembre dernier en soutien au mouvement populaire en Algérie – Facebook/Dz United

Le rôle de la diaspora dans la transition en Algérie

Près d’une année après le déclenchement du mouvement populaire en Algérie qui a mené à la démission de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika et la chute de plusieurs têtes d’affiche du régime algérien, un regroupement de plusieurs partis et associations de la société civile algérienne, le Pacte de l’alternative démocratique (PAD), appelle à la tenue des « assises nationales pour l’alternative démocratique et la souveraineté populaire ».

Ces assises du 25 janvier, à Alger, compteront sur des membres de la diaspora algérienne, dont celle vivant au Canada et aux États-Unis.

Précision
La diaspora algérienne du Canada n’est pas structurée en collectif, se pose alors la question de la représentativité qui n’a pas encore été réglée. D’où l’impossibilité de choisir un interlocuteur du Canada pour notre article.

Youssef Loldj est membre de l’association Dz United qui regroupe des Algériens des États-Unis.  Celle-ci organise chaque dimanche à San Francisco, un rassemblement de soutien au mouvement populaire en Algérie.

Il est aussi membre de la coordination mondiale de la diaspora algérienne (FreeAlgeria). Pour lui, « ces assises permettront aux acteurs du Hirak (le mouvement populaire), surtout en Algérie, de coordonner leurs positions par rapport à la transition en Algérie ».

Djamel Limane, membre de la coordination mondiale de la diaspora algérienne (Free Algeria) - Photo/Linkedin

Djamel Limane, membre de la coordination mondiale de la diaspora algérienne (FreeAlgeria) – Photo/Linkedin

De son côté, Djamel Limane est membre en France de FreeAlgeria. Il revient, dans cet entretien, accordé à Radio Canada International, sur le rôle que peut jouer la diaspora algérienne dans la transition démocratique dans son pays d’origine.

Quel rôle pour la diaspora?

Depuis le 22 février 2019, une révolution populaire pacifique et unique au monde est en marche en Algérie. Nous sommes devenus un modèle et un exemple pour les peuples en quête de démocratie et de justice sociale. Cette révolution fait renaître le rêve d’une Algérie meilleure.

L’histoire nous a montré à maintes reprises l’apport des Algériens de l’étranger dans les différentes luttes de notre pays. S’inscrivant dans cette logique historique, la diaspora algérienne, à travers ses rassemblements hebdomadaires dans les différentes villes d’Europe et d’Amérique, soutient et continue de soutenir le combat pacifique du peuple algérien pour l’édification d’un État de droit inclusif, fondé sur la justice, les droits et libertés individuels et collectifs, des institutions légitimes qui respectent la séparation des pouvoirs.

Dans ce sens, le groupe FreeAlgeria, qui est une fédération de collectifs de la diaspora algérienne à travers le monde, est né pour coordonner nos actions visant à diffuser la voix des Algériens à travers le monde. FreeAlgeria participe également aux débats, apporte sa contribution aux problématiques nationales et partage ses réflexions sur la construction d’une société algérienne démocratique, unie et fière de son patrimoine historique et culturel.

En effet, je rappelle qu’en date du 19 novembre 2019, FreeAlgeria a lancé un appel unifié aux acteurs du Hirak, aux animateurs du Pacte de l’alternative démocratique (PAD) et aux Dynamiques de la société civile (DSC) pour réunir toutes et tous ceux qui ont rejeté la mascarade électorale du 12 décembre 2019 (Élection présidentielle du 12 décembre 2019 en Algérie) et défendu une période de transition, pour l’organisation des assises nationales de l’alternative démocratique. L’appel a été entendu et nous nous réjouissons de la tenue de ces dernières, à Alger, le 25 janvier 2020. Les assises nationales seront un espace de dialogue inclusif et l’occasion de créer le rapport de force nécessaire pour imposer le changement demandé par nos compatriotes.

Pour le Canada et les États-Unis, vous avez annoncé que des représentants de la diaspora ont été désignés récemment, qui sont-ils?

Après l’annonce de la tenue des assises, FreeAlgeria a rendu public un communiqué en date du 6 janvier pour assurer son soutien entier à la démarche et se déclarer naturellement partie prenante des prochaines assises qui se tiendront à Alger fin janvier.

Comme je viens de vous le dire, FreeAlgeria est une fédération de collectifs d’Europe, des États Unis et des citoyens algériens du Canada (qui ne sont pas regroupés dans un collectif). Pour discuter de la forme de notre participation, nous avons tenu récemment, une vidéoconférence, à laquelle ont pris part les membres des différentes villes. Nos échanges ont porté sur un projet de charte qui reprendra l’ensemble des revendications du Hirak quant à la transition politique et celles plus spécifiques sur le rôle de la diaspora.

Au-delà des personnes qui seront mandatées par FreeAlgeria pour participer aux assises, nous demeurons persuader que devant ce système, le changement ne peut être réalisé que par un regroupement de toutes les forces démocratiques autour d’un dialogue transparent, où toutes les parties prenantes s’exprimeront au vu et au su de tous, de manière directe et sans aucune pression ou censure de quelque forme que ce soit.

Récemment, les médias algériens ont rapporté que le président Tebboune propose d’abolir les textes qui interdisent aux binationaux certains postes de responsabilité en Algérie. Qu’en pensez-vous?

Lors de sa première conférence de presse post-mascarade électorale, à la question d’une journaliste sur les Algériens de l’étranger, Tebboune s’est contenté de proposer un rapatriement gratuit en cas de décès! Ce discours renseigne sur le décalage qui existe entre la conception de l’avenir par ce système et par le peuple. Les Algériens de l’étranger ne disposent-ils pas, de leurs vivants, de compétences à mettre à disposition de leur pays pour asseoir une économie de la connaissance?

C’est pourquoi débattre aujourd’hui du projet de changement de la Constitution est un non-sens. L’expérience des changements de Constitution à la venue de chaque nouveau président nous a montré les limites de cette méthode pour apporter le moindre changement! Et puis, pourquoi nommer des experts lorsqu’il suffit d’écouter les revendications des Algériens depuis le 22 février pour élaborer une Constitution digne d’une Algérie moderne?

Aujourd’hui, le message est clair, les Algériens sont déterminés et demeurent mobilisés pacifiquement jusqu’à ce que ses revendications soient complètement satisfaites. Le peuple a compris que sa révolution de 1954 lui a été confisquée à l’été 1962, et les conséquences ont été très lourdes puisqu’il a perdu 57 ans, un temps suffisant pour parachever ses projets de développement, de progrès et de croissance.

Enfin, nous souhaitons voir l’ensemble des acteurs du Hirak se réunir autour des assises nationales de l’alternative démocratique, pour réussir ce rendez-vous avec l’histoire, et profiter ainsi de cette occasion pour lancer les jalons d’un large consensus autour d’un processus de concertation prélude de la Conférence nationale du mois de février (date anniversaire de la première année du Hirak pacifique).

En complément :

Coordination mondiale de la diaspora algérienne / Free Algeria

La présidentielle en Algérie ne stoppera pas la contestation, selon un expert

Catégories : International
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