Selon le rapport intitulé Marché du travail au Québec - vers une reprise à deux vitesses, publié par l’Institut du Québec, le taux de chômage des populations de 24-54 ans est de 6,3 % en octobre, soit 75 000 chômeurs de plus qu’au mois de février. C’est une preuve que les taux d’emplois n’ont pas repris leur niveau d’avant la pandémie. Crédit : Istock

Québec : le 2e confinement a des effets sur le marché de l’emploi

La deuxième vague de COVID-19 que le Québec traverse en ce moment ne manque pas d’incidence sur l’économie et sur les emplois. Le gouvernement a imposé de nouvelles restrictions dans les zones les plus durement touchées.

L’hébergement, la restauration et la culture paient le prix fort de cette deuxième vague. Elle est venue aggraver la fragilité de ces secteurs qui cherchaient encore à se relever des effets de la première vague. Les restrictions ont été à nouveau prolongées et une incertitude plane quant au moment où elles seront levées.

Ce sont près de 42 000 emplois qui ont été perdus dans ce secteur, soit 19 % de moins par rapport aux effectifs notés en septembre.

Mia Homsi, présidente-directrice générale de l’Institut du Québec (IDQ), a souligné qu’en raison de ce deuxième confinement, « près des deux tiers des emplois perdus au cours de la crise se retrouvent dans cette industrie ». À elle seule, elle concentre 64 % du manque à gagner au Québec par rapport à février 2020.

C’est une situation qui est « particulièrement préoccupante », a-t-elle ajouté.

Sur la base des données de l’Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada, l’IDQ pose un diagnostic du marché de l’emploi et présente le bilan de la récupération des emplois huit mois après le déclenchement de la crise sanitaire. Ses données sont basées sur trois indicateurs : le taux de chômage, le taux d’activité et le taux d’emploi des personnes des 25-54 ans considérées comme le « principal bassin de la main-d’œuvre au Québec ».

Les personnes moins scolarisées vivent d’importantes difficultés en raison de cette pandémie. L’IDQ observe qu’un second confinement représenterait un boulet supplémentaire pour ces catégories de travailleurs encore plus vulnérables.

Selon ses constats, en octobre, 207 000 travailleurs n’ont pu déclarer leurs heures travaillées, en comparaison à 140 000 en février. La vulnérabilité frappe davantage les communautés immigrantes en raison des taux de chômage qui y sont plus élevés que ceux des personnes nées au Canada. Le nombre des jeunes qui ne sont ni en emploi ni aux études est plus important qu’avant la pandémie.

La région de Montréal se démarque comme l’un des endroits au Québec où les taux de chômage sont les plus élevés, pourtant c’est là que les travailleurs ont renoué rapidement avec les emplois. Ce sont 99 % des emplois qui ont été récupérés dans cette région en octobre, en comparaison à 95 % pour le reste du Québec.

Le tableau est loin d’être très préoccupant en raison de la lueur d’espoir qui s’ouvre avec un niveau d’emploi global qui oscille autour de 97 %, la stabilité d’emploi observée dans la tranche des 25 à 54 ans depuis deux mois et le taux d’emploi des femmes qui ne cesse de s’améliorer.

Avec des informations de l'Institut du Québec (IDQ)

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Catégories : Société
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