Chasse au phoque : le Canada en appel de la décision européenne

Share
Un chasseur se dirige vers un phoque du Groenland lors de la chasse annuelle sur la côte Est du Canada. Photo prise en 2009 (Andrew Vaughan / La Presse Canadienne)
Un chasseur se dirige vers un phoque du Groenland lors de la chasse annuelle sur la côte Est du Canada. Photo prise en 2009
(Andrew Vaughan / La Presse Canadienne)
Un comité de l’Organisation mondiale du commerce entend les arguments canadiens ce lundi en appel de la décision de l’OMC de maintenir en vigueur sa décision d’appuyer l’interdiction complète des produits du phoque décrété par l’Union européenne

Lors de la réunion de trois jours de l’OMC tenue à Genève en Suisse, la ministre canadienne de l’Environnement, Leona Aglukkaq, affirme qu’elle défendra la position à ce jour maintenue par le gouvernement conservateur à Ottawa, à savoir que la chasse au phoque telle que pratiquée au Canada est faite de façon humaine, qu’elle n’entraîne en rien quelque danger que ce soit à la population de phoques en général et qu’elle est pratiquée selon des règles strictes et précises.

« Toutes les autres perceptions sont basées sur des mythes, sue de la désinformation et selon des décisions purement émotives, » déclarait madame Aglukkaq dans une déclaration publiée ce dimanche.

« Les communautés côtières et Nordiques au Canada dépendent encore et toujours de cette chasse pratiquée selon des règles de respect de l’animal. C’est une activité économique vitale, essentielle. C’est un droit qui devrait leur être reconnu. »

Un comité de règlement de conflits de l’OMC a appuyé et maintenu une décision de l’Union européenne décrétant un embargo complet sur tous les produits importés de la chasse au phoque en novembre dernier, reconnaissant que, « bien que la décision mine les règles de la liberté de commerce » elle s’impose par « des craintes morales publiques sur le bien-être animal. »

Au cœur de l’argumentaire présenté ces jours-ci se trouve l’action conjointe, Canada – Norvège de 2010 s’opposant à la décision de 2010 des 28 membres de l’UE d’interdire l’importation de fourrure, de viande, de suif et d’autres produits de la chasse au phoque.

Leana Aglukkaq souligne à trait rouge que cette interdiction mine profondément la capacité de survie de plusieurs Canadiens.

« Nous continuerons à travailler avec des chasseurs de phoque de partout au pays afin de défendre cette industrie qui est une source humaine et durable pour nourrir des populations côtières et nordiques, pour les vêtir et pour leur procurer un certain revenu. »

Les défenseurs des droits des animaux soulignent de leur côté que la chasse commerciale n’est qu’une inutile tuerie. Ils ont célébré la décision européenne, la déclarant être une victoire éclatante qui protège les droits de chasse des premières nations.

Par contre, de nombreuses critiques de cette décision européenne se sont fait entendre, notamment de chasseurs Inuits. On affirme qu’elle pourrait avoir un effet domino sur d’autres marchés internationaux et, ultimement, pourrait avoir de sérieuses répercussions sur d’autres produits animaux commerciaux tels le bœuf, le porc et la volaille.

Le ministère canadien Pêches et Océans soulignent dans sa politique afférente à la chasse au phoque que tous les détenteurs de permis commerciaux doivent avoir complété une formation et s’être engagés à respecter le processus de mise à mort de l’animal en trois étapes.

Le chasseur doit d’abord faire feu sur l’animal ou encore le frapper à la tête avec un hakapik (gourdin traditionnel). Il doit par la suite s’assurer que sa prise est bel et bien décédée avant de couper les artères principales. Il doit aussi attendre une minute après la saignée avant d’amorcer toute opération de dépeçage.

Au printemps dernier, les chasseurs commerciaux à Terre-Neuve-et-Labrador ont abattu 91 000 phoques du Groenland, un peu plus que les 69 000 de l’année précédente mais bien en deçà du quota de 400 000 prises autorisées par le gouvernement fédéral.

Il y aurait près de 900 000 phoques sont abattus annuellement sur la planète.

La chasse commerciale au phoque est pratiquée au Canada, en Norvège, au Groenland et en Namibie. Parmi les pays qui appuient les importations de produits de la chasse au phoque on retrouve les États-Unis, le Mexique, la Russie et Taïwan.

Share
Raymond Desmarteau, Radio Canada International

Raymond Desmarteau, Radio Canada International

Pour d’autres nouvelles du Canada et d’ailleurs, visitez le site de Radio Canada International.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *