Territoires du Nord-Ouest: Les mini-maisons comme solution au coût des loyers

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Une mini-maison à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest. (Catherine Bouchard/Radio-Canada)
Yellowknife ayant la moyenne des prix des loyers la plus élevée du pays, ses résidents doivent faire preuve d’ingéniosité pour se loger à prix abordable. Des résidents construisent ainsi eux-mêmes des mini-maisons pour avoir un endroit bien à eux sans se ruiner.

À 21 ans, Wylie Rudkevitch en avait assez de vivre chez ses parents. Il n’avait pas non plus envie de payer un loyer exorbitant.

Selon le rapport de décembre 2016 de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, le coût mensuel moyen d’un quatre et demi à Yellowknife est de 1636 $, comparativement à 1450 $ à Vancouver, et de 1327 $ à Toronto.

M. Rudkevitch a donc commencé à construire sa mini-maison au début de 2016, avec l’aide de ses proches. « J’aime mieux payer moi-même pour une maison que de payer 1000 $ de loyer chaque mois », raconte M. Rudkevitch.

Pour 60 000 $, il a conçu une habitation confortable, comprenant un espace salon, une chambre, une cuisine et une salle de bain. Sa mini-maison est complètement indépendante des services municipaux. Le four, la pompe à eau et le réfrigérateur sont alimentés au gaz propane. Le reste des appareils électriques fonctionnent grâce à des panneaux solaires.

M. Rudkevitch a installé sa construction sur une petite parcelle de terrain dans la forêt louée à l’extérieur des limites de la municipalité.

Un quartier réservé?

Un projet municipal veut d’ailleurs octroyer un espace pour créer un quartier réservé aux mini-maisons. L’initiative n’en est toutefois qu’à ses balbutiements parce que la Ville cherche toujours un espace pour l’aménager, les terrains disponibles se faisant rares dans la capitale des Territoires du Nord-Ouest.

« Est-ce que ça appartient à une copropriété? Est-ce que ce sont des propriétaires qui achètent et, après, décident de louer, ou est-ce que ça appartient à la Ville? Ce sont des discussions importantes que nous devons avoir et il faut regarder quels sont les bénéfices. Il faut d’abord trouver où [nous aménageons le quartier] avant de pouvoir imaginer si on va louer ou vendre », explique la conseillère municipale, Linda Bussey.

Certains propriétaires de mini-maisons voient d’un bon oeil cette possibilité.

« Quand je suis partie, je pourrais louer ma mini-maison, ça rendrait les choses plus simples, parce que c’est tellement cher de vivre ici. J’avais une maison, mais je l’ai vendue », raconte Maxine House, qui construit actuellement une mini-maison ultra-mobile.

De son côté, M. Redkovitch se questionne sur l’utilité de tout cet encadrement.

« En réalité, les gens ont habité dans de petites maisons partout dans Yellowknife depuis sa fondation. Je ne crois pas qu’on ait besoin d’un projet pilote ou du financement de la Ville pour y arriver », affirme-t-il.

Et les shacks?
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Une cabane à Yellowknife. (Catherine Bouchard/Radio-Canada)

Certains dénoncent toutefois le paradoxe de voir aussi positivement les mini-maisons, alors que les shacks, une forme patrimoniale de petite maison, disparaîtront complètement d’ici 20 ans, selon le plan de développement du port, remplacés par des commerces sur la jetée du grand lac des Esclaves.

« Ce qu’ils mettent sur les dépliants [touristiques], ils mettent un shack, ils mettent une maison-bateau, ils mettent les habitations alternatives qui sont déjà existantes et qui, par ailleurs, déplaisent aux administrateurs », souligne Baptiste Foisy, qui habite dans des shacks depuis son arrivée à Yellowknife, il y a une dizaine d’années.

Il croit que la Ville doit mieux protéger son patrimoine et accueillir tous les types de mini-maisons alternatives ou modernes pour contrer le problème de logement.

« S’il y avait une approche qui était basée justement sur la préservation du patrimoine, puis une approche qui tenait compte du fait que l’expérience de la petite habitation puis l’habitation alternative est en fait quelque chose qui définit le patrimoine bâti de Yellowknife. Si on avait cette approche-là, je pense qu’on serait moins nerveux, nous autres qui habitons dans ce type d’habitation. Ça bénéficierait à la communauté et aussi aux visiteurs », conclut M. Foisy.

Parmi les solutions, il évoque la possibilité de créer un programme d’aide pour la rénovation des shacks, afin qu’ils soient aux mêmes normes que les mini-maisons.

Catherine Bouchard, Radio-Canada

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