Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones : les Inuits et les Métis veulent des actions concrètes

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Natan Obed, président de l’organisme Inuit Tapiriit Kanatami, affirme que les Inuits devraient être invités à participer à l’examen des lois et des politiques qui les concernent. (Justin Tang/La Presse canadienne)
Les Inuits ont réclamé des actions concrètes au gouvernement canadien lors de la 16e session de l’Instance permanente de l’ONU sur les questions autochtones, qui a débuté lundi, à New York.

La présidente du Conseil circumpolaire inuit, Okalik Eegeesiak, s’est adressée aux leaders autochtones du monde entier réunis pour souligner le 10e anniversaire de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DDPA).

Elle a dit que l’adoption par le Canada de la déclaration des Nations unies en 2016 était « une grande nouvelle à travers le monde », mais qu’il est maintenant temps de voir « cette position se traduire par des actions ».

Un plan d’action à élaborer avec les Autochtones

Le président de l’organisme national Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), Natan Obed, rappelle que le gouvernement du Canada s’est engagé à créer un plan d’action national et que les Inuits « aimeraient participer à sa création ».

Il affirme aussi que les Inuits devraient être invités à participer à l’examen des lois et des politiques qui les concernent, une initiative entreprise par le gouvernement fédéral à la suite d’une demande des dirigeants autochtones.

Le président d’ITK voudrait également qu’une nouvelle loi soit créée pour traiter spécifiquement de la mise en œuvre de la déclaration de l’ONU, parce que ce document international comble les lacunes de la législation canadienne.

« Nous pourrions ainsi exercer nos droits en fonction de cette base législative », affirme-t-il.

Natan Obed explique qu’à l’heure actuelle, les peuples autochtones doivent utiliser plusieurs textes législatifs pour faire valoir leurs droits, notamment l’article 35 de la Constitution et diverses décisions de la Cour suprême.

Nous voulons nous assurer que les droits qui sont inclus dans la déclaration soient systématiquement ancrés dans la législation fédérale.

Natan Obed, prés. Inuit Tapiriit Kanatami
Les Métis veulent être inclus

Le président du Ralliement national des Métis, Clem Chartier, qui était aussi à New York plus tôt cette semaine, explique pour sa part que la nation métisse considère avoir des droits à l’autodétermination en vertu du droit international.

Il ajoute que tout cadre législatif qui serait créé au Canada pour mettre en œuvre la déclaration devrait refléter l’engagement du fédéral d’inclure tous les peuples qui se trouvent dans l’article 35 de la Constitution, notamment les Métis.

Ainsi, les ententes qui sont en processus de négociation entre Ottawa et les Métis seraient enchâssées dans cette nouvelle législation, soutient Clem Chartier.

Une Commission des droits de la personne

Le président d’ITK suggère par ailleurs qu’une Commission indépendante des droits de la personne pour les peuples autochtones soit mise sur pied.

« Nous pourrions ainsi travailler dans le cadre d’un mandat créé pour le type de préoccupations que nous avons », estime-t-il.

Il croit que cela lancerait le message aux Autochtones du Canada et aux pays du monde entier que le gouvernement fédéral est sérieux quant à son engagement à respecter la déclaration.

Avec les informations de Sara Frizzell, CBC News

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Radio-Canada avec CBC

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