Réchauffement climatique : l’arrivée d’épaulards dans la baie d’Hudson menacerait les bélugas

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Une femelle béluga nage avec son baleineau. (Darryl Dyck/La Presse canadienne)
Le réchauffement climatique menant à une présence accrue d’épaulards pourrait avoir des répercussions néfastes sur la population de bélugas vivant dans la partie sud-ouest de la baie d’Hudson, révèle une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Canadian Field-Naturalist.

Les chercheurs du projet Océans Nord Canada, du gouvernement fédéral et de l’Université du Manitoba ont étudié les suites d’une attaque menée par des épaulards sur des bélugas à proximité de l’estuaire de la rivière Seal, en août 2012.

Ils ont découvert qu’après l’attaque, les bélugas se sont dispersés vers le nord de la côte ouest de la baie d’Hudson, se distançant d’un lieu de mise bas traditionnel.

Les chercheurs suggèrent que de telles dispersions pourraient avoir des conséquences sur la survie des jeunes baleines.

Les auteurs de l’étude disent aussi avoir observé des changements à court terme dans la distribution des bélugas, une espèce indigène à la baie d’Hudson, en raison de l’évènement de prédation. Ils ajoutent qu’au fur et à mesure que l’eau se réchauffe dans la baie d’Hudson, ce qui encouragera une formation de plus en plus tardive des glaces, la présence des épaulards dans la région s’accroîtra.

Si ces changements [de distribution] se produisaient à plusieurs reprises durant la saison d’eau libre, il y aurait des conséquences biologiques notables sur la dépense énergétique et sur le succès de l’élevage des baleineaux.

Extrait de l’étude publiée dans « Canadian Field-Naturalist »
Un risque assez important

L’une des auteurs de l’étude, Kristin Westdal, affirme qu’actuellement ce genre d’attaque n’a qu’un impact négligeable sur la population d’environ 60 000 bélugas qui a élu domicile dans l’ouest de la baie d’Hudson.

Pourtant, cela pourrait changer si la saison d’eau libre continue à s’allonger et que la population des épaulards poursuit sa croissance, dit la scientifique.

« Toute prédation [sur les bélugas] à l’heure actuelle ne représenterait pas un nombre important. Mais dans l’avenir, l’effet de prédation des épaulards risque d’être assez important », prévient la biologiste marine d’Océans Nord Canada.

Un appel à la protection

Les constats de l’étude soulignent également la nécessité d’instaurer une protection environnementale dans plus de zones occidentales de la baie d’Hudson, tant dans les eaux que sur la terre, ajoute Mme Westal.

« Nous n’avions vraiment pas compris jusqu’à maintenant combien ils se servaient de la zone litière », enchaîne-t-elle.

L’année dernière, l’ancien gouvernement néo-démocrate du Manitoba a demandé à Ottawa d’étendre l’actuelle interdiction sur les déversements de déchets industriels dans l’Arctique afin d’inclure la région subarctique de la baie d’Hudson.

Le Nouveau Parti démocratique a également annoncé des plans pour réduire les bruits et d’autres impacts des activités de transport maritime du port de Churchill.

Une porte-parole de l’actuel gouvernement progressiste-conservateur a refusé de commenter si la province exécute les plans du gouvernement précédent.

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