Protéger les caribous en chassant l’orignal plutôt que le loup?
Une étude de l’Université de l’Alberta présente une solution de rechange à la chasse au loup pour protéger les caribous des bois. Selon Robert Serrouya, de l’Institut de surveillance de la biodiversité de l’Alberta, les caribous sont mieux protégés lorsque l’expansion d’espèces envahissantes comme les orignaux est ralentie.
L’auteur note que l’orignal est favorisé par les effets des changements climatiques et de l’activité forestière sur le territoire, ce qui attire un plus grand nombre de loups sur un territoire donné. Le loup est un prédateur commun aux orignaux et aux caribous, mais ces derniers deviennent en quelque sorte une proie collatérale.
La chasse au loup, une solution temporaire contestée
Depuis une trentaine d’années, les gouvernements de l’Alberta et de la Colombie-Britannique utilisent la suppression des loups pour contrer l’extinction du caribou des bois. Mais ce n’est qu’une solution temporaire et qui est de plus en plus controversée, selon l’auteur de l’étude, Robert Serrouya.
Il s’est servi d’une politique expérimentale du gouvernement britanno-colombien de réduction des populations d’orignaux à leurs nombres historiques dans l’habitat du caribou des bois. « Notre but, c’était de voir si ça pouvait [réellement] améliorer la situation des caribous », explique Robert Serrouya.
Deux zones ont été identifiées comme échantillons d’étude. Des permis de chasse ont été accordés dans la zone d’expérimentation, le troupeau de Columbia North (rouge), tandis que l’aire de référence, la région Wells Gray (bleu), n’a subi aucune intervention.
Population stable dans les montagnes Columbia
Depuis 2003, le taux de survie des caribous de Columbia North a augmenté de 10 %, et les loups ont quitté en grand nombre le territoire. « C’est un des troupeaux les plus stables du sud-ouest du Canada », avance M. Serrouya. En revanche, la population des caribous de Wells Gray a diminué de 70 %.
En Alberta, le gouvernement n’a pas encore tenté l’expérience de réduire le nombre de cerfs et d’orignaux. Robert Serrouya pense que les responsables de la faune devraient prendre en considération cette approche. Pour être un succès, cependant, elle doit être combinée à la restauration du territoire et à une autre méthode favorisant la reproduction de l’espèce.
Les caribous des bois sont à l’heure actuelle environ 8000 en Colombie-Britannique, et entre 3000 et 7000 en Alberta.