Ottawa et les Inuits du Nord canadien signent une entente sur les épaves de l’expédition Franklin

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En 2014, les équipes de recherche de Parcs Canada ont repéré l’épave du HMS Erebus, enfouie à 10 mètres de profondeur sous les glaces du sud de l’île du Roi-Guillaume, dans le nord-ouest du territoire du Nunavut. Parmi les artefacts retrouvés dans le navire, les plongeurs ont mis la main sur des ancres, des pompes de cale et la cloche en laiton du navire. (Justin Tang/La Presse canadienne)
Le gouvernement canadien et la Fiducie du patrimoine inuit ont conclu un accord pour déterminer de quelle manière ils comptent conserver et étudier les artefacts des navires HMS Erebus et HMS Terror, deux vestiges de l’expédition maritime de Franklin au milieu du 19e siècle.

« Ce protocole d’entente est une étape importante de la collaboration avec les Inuits pour veiller à la continuité des récits liés à l’histoire de l’expédition de Franklin de 1845 et à d’autres événements du passage du Nord-Ouest là où ils se sont produits », a mentionné mardi la ministre responsable de Parcs Canada, Catherine McKenna, par voie de communiqué.

Le protocole d’entente prévoit aussi l’inclusion des connaissances des Inuits dans le processus de préservation des artefacts et elle priorise l’exposition de ces objets anciens dans le territoire du Nunavut, dans le nord-est du pays.

« Je suis très heureuse que le protocole d’entente fasse en sorte que [le savoir des Inuits] fasse partie de notre collaboration avec Parcs Canada pour ces importants artefacts », a fait savoir la présidente de la Fiducie du patrimoine inuit, Pamela Gross.

Parcs Canada a par ailleurs fait savoir que les musées et les institutions culturelles du pays qui souhaitaient exposer ou étudier les artefacts ne pourront le faire que pour une durée préalablement établie.

Des questions en suspens depuis plus de 170 ans

Dirigée par le capitaine John Franklin, l’expédition visait à accomplir la première traversée du passage du Nord-Ouest et à explorer l’Arctique canadien. En 1845, après avoir parcouru une partie de la baie de Baffin, dans le nord-est du Nunavut, les navires britanniques HMS Erebus et HMS Terror se sont lancés dans le détroit de Lancaster, avant de disparaître.

L’épave du HMS Erebus a été découverte en 2014 au sud de l’île du Roi-Guillaume, dans le Nord du Canada, à 10 mètres de profondeur sous la surface. (Parcs Canada)

En 2014, une mission menée par Parcs Canada a permis de retrouver l’épave du HMS Erebus, enfouie dans les eaux du sud de l’île du Roi-Guillaume, dans le nord-ouest du territoire.

Deux ans plus tard, une deuxième épave, le HMS Terror, a été repérée au large de la péninsule Adélaïde, située à plusieurs kilomètres au nord du premier navire. C’est d’ailleurs grâce aux informations d’un Inuit qui travaillait au sein de l’équipe de la Fondation de recherche de l’Arctique que le HMS Terror a pu être retrouvé.

En avril 2018, le gouvernement britannique a annoncé qu’il faisait officiellement don au gouvernement canadien et aux Inuits des deux épaves et de leurs artefacts par le biais de Parcs Canada et de l’association Inuit Heritage Trust.

À l’heure actuelle, les sites où sont situés le HMS Erebus et le HMS Terror ne sont pas ouverts au public et un permis est nécessaire pour accéder aux zones protégées. À terme, le Comité consultatif provisoire de l’expédition Franklin croit que ces sites pourraient avoir des retombées positives sur les communautés locales, notamment en matière de tourisme.

Correction: Une précédente version de cet article indiquait que le navire HMS Erebus était enfoui à 11 mètres sous les glaces lorsqu’il a été découvert, mais cette profondeur était plutôt de 10 mètres, selon Parcs Canada. Cette version du texte a été corrigée.

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