Les 100 ans du traité 11 avec les Autochtones du Grand Nord canadien

Les chefs et représentants du gouvernement TliCho étaient réunis le 16 août pour le Rassemblement annuel TliCho. (Thomas Ethier/L’Aquilon)

Des centaines de résidents étaient à Behchoko, dans le Grand Nord canadien, le 16 août pour le Rassemblement annuel Tlicho qui, cet été, prend une importance particulière. Le 22 août marquera le centième anniversaire de la signature du traité 11 par le chef Monfwi.

Il y a près d’un an et demi que les résidents ont eu droit à une partie de bingo intérieur en bonne et due forme. Dans la soirée du lundi 16 août, selon les organisateurs, ils étaient près de 600 joueurs réunis au Centre sportif de Behchoko pour remplir leurs cartes.

Affluant des quatre collectivités de la région, les convives ont eu droit à une journée d’activités familiales organisées autour de l’Assemblée Tlicho, la dernière avant l’élection d’un nouveau grand chef, le 30 septembre.

Près de 200 personnes ont assisté à l’ouverture de cette session parlementaire, qui rassemble toute la semaine les membres du gouvernement autonome Tlicho.

Il s’agissait d’une dernière chance de voir et d’applaudir les élus en personne, car dès le lendemain, l’aréna était fermé au public. En raison de l’éclosion de cas de COVID-19 aux T.N.-O., le reste de la session, ainsi que toutes les activités prévues durant la semaine, y compris le festival du 100e anniversaire du traité 11, sont annulées, reportées ou présentées virtuellement.

La culture Tlicho à l’honneur

De retour après une année de pause forcée, ce grand rassemblement annuel, bien que perturbé par la pandémie, prend cet été un sens particulier.

Il s’agit d’abord de la dernière assemblée du gouvernement Tlicho actuel, dirigé depuis quatre ans par le grand chef George Mackenzie. Par-dessus tout, cette semaine culminera, dimanche, par le 100e anniversaire de la signature du traité 11 dans la région.

Le traditionnel parcours en canot, de Whatì à Behchoko, aura marqué le début de ce Rassemblement annuel Tlicho, dont l’objectif est d’unir les résidents des collectivités autour de leur culture. Une occasion, au-delà de la politique, de renforcer les racines d’un peuple qui bâtit son avenir selon ses propres valeurs.

« Cette semaine, nous faisons la promotion de notre manière de vivre et de nos traditions. C’est un énorme rassemblement et nous sommes fiers d’être témoins de ce 100e anniversaire de la signature du traité 11. Je suis certain que plusieurs changements positifs vont prendre place cette semaine », a avancé Jackson Lafferty, ancien député des Territoires du Nord-Ouest.

« Les gens étaient très heureux à leur arrivée en canot, ce dimanche. Une femme de 81 ans était de l’expédition. Elle a pagayé comme elle l’a fait toute sa vie. C’est tout à fait exceptionnel. »

M. Lafferty a annoncé en juin, au moment de quitter ses fonctions à l’Assemblée législative des T.N.-O., qu’il compte briguer le poste de grand chef Tlicho aux prochaines élections.

À ses yeux, au-delà des discussions politiques en cours, cette semaine représente avant tout l’occasion d’afficher les valeurs et la culture Tlicho au reste du territoire.

« Plusieurs discussions prennent place, sur tous les aspects de la vie dans la région, qu’on parle de tournois de jeux de mains ou de danses aux tambours. Plusieurs gouvernements nous observent alors que nous partons en élections dans la région. Et ce type de rassemblement est important, puisqu’il représente notre culture Tlicho », souligne-t-il.

Pour les 100 prochaines années

Pour sa part, le grand chef  Georges Mackenzie voit cette semaine comme le début d’une nouvelle ère, comme s’achève un premier centenaire depuis la signature du traité 11 par le chef Monfwi en 1921.

« Cette semaine, nous observons notre histoire. Les chefs qui nous ont précédés, comme le chef Monfwi ou le chef Edzo, ont été dirigeants pendant 40 ans chacun. Ils avaient ce pouvoir. Nous sommes aujourd’hui de jeunes dirigeants et nous devons réfléchir à notre histoire. »

Le gouvernement Tlicho a obtenu son autonomie en 2005, par la signature de l’accord Tlicho avec Ottawa. Selon le grand chef, tout reste maintenant à bâtir pour les prochaines générations.

« Nous sommes un jeune gouvernement indépendant et devons penser à l’avenir. Qu’allons-nous faire pour les 100 prochaines années? Les jeunes doivent d’abord rester forts à travers l’histoire, au sein de leur culture, de leur langue et de leur terre, explique-t-il. Or, ils doivent également comprendre le monde d’aujourd’hui et la culture apportée par les Européens. Les jeunes d’aujourd’hui doivent s’éduquer autant que possible, et former un peuple compétitif pour les 100 prochaines années. »

Thomas Ethier, L'Aquilon

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