Les récits marquants du Grand Nord en 2025

Plusieurs histoires ont marqué le Grand Nord en 2025.
(Radio-Canada / Archives Hydro-Québec / Radio-Canada/Matisse Harvey/Sarah Xenos / Fournie par Alassua Hanson)

Par Marie-Soleil Desautels

Le Grand Nord foisonne de figures singulières et touchantes, ainsi que de récits peu connus et d’enjeux captivants. En 2025, l’équipe d’ICI Grand Nord est allée sur le terrain afin de raconter et de transmettre leurs histoires.

Coeur de skieur

Le ski de fond, la musique, la bonté et l’entraide sont les piliers de la vie de Gary Bailie, une vie bouleversée par le deuil prématuré de sa femme, puis de sa fille unique.

Tout l’hiver, ce sexagénaire parcourt en ski ou en motoneige les pistes du territoire de la Première Nation Kwanlin Dün, dont il est membre, pour les préparer pour les skieurs et skieuses. C’est là qu’il se ressource et fait partager sa passion aux autres.

Il a transformé celle-ci en un programme communautaire, appelé Kwanlin Koyotes, qui s’adresse aux jeunes de Whitehorse. Celui-ci vise à les rapprocher de la nature et à les encourager à choisir des activités saines, en offrant gratuitement l’équipement et l’accès aux pistes.

Si c’est sa fille qui l’a inspiré pour créer ce club de ski, c’est à la mémoire de sa femme qu’il a mis sur pied un festival de musique. Blue Feather, le nom traditionnel de son épouse, aide les jeunes à développer leurs talents grâce à la musique et aux arts depuis plus de 20 ans.

Sarah Xenos est allée à la rencontre de cet homme dont la résilience éclaire toute une communauté.

Décoloniser l’architecture en territoire inuit

Comment l’architecture peut-elle passer d’outil de colonisation à vecteur de réconciliation dans le Grand Nord? Ce reportage de Matisse Harvey débute sur un chantier d’igloo dirigé par Solomon Awa, maire d’Iqaluit, illustrant un génie traditionnel menacé par des décennies de sédentarisation forcée.

On y apprend notamment comment, à l’époque de la guerre froide, la toundra arctique a été parsemée de structures inspirées de stations spatiales en polyester renforcé de fibre de verre, conçues pour isoler l’habitant d’un environnement jugé hostile, sans égard pour la culture locale.

Aujourd’hui, le désir d’harmonie avec l’environnement, l’inclusion du savoir inuit et la prise en compte des besoins des communautés témoignent de la volonté des architectes de faire les choses autrement.

Et une nouvelle génération tente de s’emparer de la planche à dessin pour réinventer le paysage bâti selon ses propres règles et son héritage.

Le traité qui a tout changé

Quatre ans avant la signature de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, en avril 1971, le premier ministre Robert Bourassa annonce son « projet du siècle ». Un projet qui promet de l’énergie à profusion grâce à l’immense potentiel hydroélectrique des rivières du nord du Québec, mais qui bouleverse à jamais le territoire.

Lancé sans consultation, ce chantier colossal contraint Cris et Inuit à s’unir dans une bataille juridique historique, menant à la signature de la Convention en 1975.

Toutefois, derrière l’électricité qui alimente la province se cache un lourd tribut humain, marqué par le déplacement de Fort George, la disparition sous les eaux de terres ancestrales, de sentiers et de sépultures, et le bouleversement profond de modes de vie.

Aujourd’hui, l’héritage du traité divise. La nation crie vit un essor avec Chisasibi en pleine expansion, tandis que les Inuit du Nunavik dénoncent des inégalités. Face à une crise du logement et à des services défaillants, ils poursuivent leur lutte pour l’autodétermination, refusant d’être des citoyens de seconde classe.

Félix Lebel explore les cicatrices et les espoirs de deux nations bouleversées par ce « projet du siècle. »

La jeunesse inuit au cœur de la souveraineté arctique

La souveraineté de l’Arctique se limite-t-elle à une présence militaire et à des infrastructures stratégiques? Pour la jeunesse inuit, cette vision coloniale est déconnectée de leur réalité.

Cet article de Samuel Wat, adapté de l’anglais au français par Francis Tessier-Burns, donne la parole à des leaders de demain qui militent pour une redéfinition de la sécurité dans le Nord qui passe par la préservation du territoire et l’autodétermination.

Ces jeunes réclament d’être entendus et informés. Et plusieurs sont d’avis qu’il vaudrait mieux investir dans l’éducation et les échanges culturels que dans les dépenses militaires pour assurer la véritable souveraineté de la région.

Cet article plonge au cœur des aspirations d’une génération qui entend reprendre le contrôle de son destin.

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