Pourquoi le revenu médian des T.N.-O. demeure-t-il le plus élevé au pays?

Année après année, c’est aux Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) que les familles déclarent les plus hauts revenus au pays. Or, ces données ne sont pas un gage de prospérité pour toutes les familles du territoire, dont le pouvoir d’achat tend à s’amoindrir dans les petites communautés, selon un expert.
Le territoire affichait d’ailleurs en 2023 le deuxième des plus hauts taux de pauvreté au pays, derrière le Nunavut.
C’est ce que révèle la plus récente enquête canadienne sur le revenu (nouvelle fenêtre) de Statistique Canada, dont les résultats ont été dévoilés en mai 2025.
Selon cette enquête, en 2023, le revenu médian des familles et des personnes seules aux T.N.-O.s’élevait à 102 100 $.
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C’est 27 900 $ de plus que la moyenne canadienne, et environ 10 000 $ de plus que tout autre province ou territoire.
Selon Burton Gustajtis, chercheur à Statistique Canada, cet écart par rapport aux revenus médians du reste du pays s’expliquerait principalement par des salaires plus élevés que la moyenne au Canada.
Il souligne toutefois que l’écart de revenus entre les T.N.-O. et l’ensemble du pays s’est resserré, selon les résultats du dernier sondage, ce qui montre, selon lui, que les revenus dans le territoire ne progressent pas aussi rapidement qu’ailleurs au Canada.
Coût de la vie et pauvreté
Graeme Clinton, économiste à Yellowknife, affirme que les revenus élevés des T.N.-O. sont le résultat d’un coût de la vie élevé, qui imposerait des salaires compétitifs.
Le coût de la vie expliquerait également en partie, selon lui, pourquoi le territoire arrive au deuxième rang pour ce qui est des taux de pauvreté les plus élevés au Canada.
Vous pourriez être millionnaire, cela ne vous aidera pas si votre pain vous coûte 100 $, explique M. Clinton.
Statistique Canada calcule le taux de pauvreté en utilisant la mesure fondée sur un panier de consommation, une manière d’estimer combien il en coûtera pour une famille de deux adultes et deux enfants pour maintenir un niveau de vie modeste et de base.
Selon cette mesure, une famille vit sous le seuil de pauvreté si elle gagne moins que ce revenu minimum.
Ainsi, dans la région du Sahtu, le revenu minimum estimé en 2023 pour qu’une famille vive au-dessus du seuil de pauvreté était de 83 079 $. À Yellowknife, ce revenu estimé était de 73 613 $.
En règle générale, selon ce que dit Burton Gustajtis, en tenant compte de la part du revenu total détenu par les 40 % de la population ayant la rémunération la plus basse, les inégalités de revenu aux T.N.-O. seraient comparables à celles observées au Canada dans son ensemble.
Or, selon Graeme Clinton, cette mesure ne permet pas de bien comprendre les inégalités à travers le territoire, où les plus grands écarts s’observent, selon lui, entre Yellowknife et les petites communautés.
En 2023, le bureau de la statistique des T.N.-O. enregistrait un revenu total moyen par personne de 84 658 $ à Yellowknife, et de 53 775 $, dans les petites communautés.
Yellowknife est une communauté bien nantie, et ce, même avec le coût élevé de la vie, estime M. Clinton, qui évoque la présence de secteurs à haut salaire dans la capitale, comme l’industrie minière ou la fonction publique.
En revanche, les emplois seraient moins nombreux et auraient tendance à être moins bien payés dans les petites communautés.
Ajoutez un coût de la vie très élevé et vous obtenez une proportion considérable de ces familles qui se situent sous le seuil de pauvreté, conclut l’économiste.
Avec les informations de Sarah Krymalowski
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