Avec « Uiksaringitara », Zacharias Kunuk replonge dans les légendes inuit

Réalisateur de renommée internationale, Zacharias Kunuk présente son nouveau film, Uiksaringitara (Wrong Husband). Sélectionné au festival du film Available Light de Whitehorse, le film puise dans les mythes et la tradition orale inuit pour raconter une histoire de destin, d’amour et de résistance dans l’Arctique d’il y a 2000 ans.
Zacharias Kunuk est de retour sur les grands écrans. Son dernier film Uiksaringitara (Mari par erreur) fait partie de la sélection du festival du film Available Light, qui se tiendra à Whitehorse, du 6 au 15 février prochain.
Internationalement reconnu et Caméra d’or en 2001 au festival du film de Cannes pour Atanarjuat : The fast Runner, Zacharias Kunuk est de retour sur le devant de la scène avec sa dernière production.
Uiksaringitara nous transporte dans la toundra, à Igloolik, 2000 ans avant notre ère. Kaujak et Sapa ont été promis l’un à l’autre dès leur naissance par leurs familles. Après la mort soudaine du père de Kaujak, sa mère épouse un homme d’un autre camp, séparant ainsi les jeunes amoureux.
La promesse d’une vie meilleure se transforme rapidement en cauchemar, avec des prétendants agressifs soutenus par un chaman maléfique qui rivalisent pour gagner la main de Kaujak. Mais Kaujak résiste et s’accroche à l’espoir que Sapa inversera le cours des choses.

Le scénario, coécrit par Zacharias Kunuk et Samuel Cohn-Cousineau, s’est inspiré des légendes et mythes de la tradition orale inuit où une promesse est une promesse. Cette histoire traite donc des thèmes épiques classiques du destin, de la justice, du meurtre et de la jalousie. Dans un environnement difficile où la survie de chacun dépend de l’entraide et de la place qui lui a été assignée, il y a peu de place pour remettre en question l’autorité ou l’ordre établi.
Filmer et révéler la vraie vie
Chacun des films de Zacharias Kunuk joue un rôle de transmission des mythes, pas seulement avec l’image, mais aussi avec la bande sonore.
« Pour moi, un film doit non seulement avoir une histoire forte et unique et des personnages auxquels les gens peuvent s’identifier, mais il doit également être très fidèle aux traditions locales de ma région », explique le réalisateur.
Selon lui, même lorsqu’il ne sera plus présent pour en parler, ses films seront toujours là pour montrer aux gens à quoi ressemblait la vie à cette époque.
La précision des dialogues, mais aussi des costumes, des outils utilisés pendant le tournage est absolument essentielle, estime le réalisateur, et apporte une valeur presque documentaire au film.
« Les Inuit ont des milliers d’années de tradition orale dans tout le nord, échangeant des chansons, des jeux et des légendes de la Russie au Groenland. Nous avons tellement d’histoires spirituelles, d’histoires d’amour, d’histoires effrayantes, de créatures fantastiques et d’esprits aidants. Je veux mettre la sensibilité inuit au premier plan afin que les gens du monde entier puissent voir ce qui nous guidait avant la colonisation. »
Uiksaringitara met en lumière de jeunes acteurs qui font leurs débuts à l’écran et sera projeté le 15 février au Centre des Arts du Yukon.
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