Braver le froid polaire du Grand Nord canadien pour l’amour de la sculpture

Les sculptures n’ont plus de secret pour la francophone Patricia Leguen. Après plus de 40 ans, sa passion pour l’art éphémère ne s’est pas effacée et continue de vivre dans une nouvelle compétition internationale qui se déroule aux Territoires du Nord-Ouest.
Du 5 au 8 mars, l’artiste de Saskatoon se mesurera de nouveau aux meilleurs de sa discipline à Yellowknife dans ce nouveau concours de sculpture de neige.
« J’ai été réinvitée d’office parce que j’ai gagné l’année dernière avec mon croquis et ma maquette », raconte celle qui ne compte plus les œuvres d’art qu’elle a réalisées.
L’année dernière, elle a remporté le Prix du choix des artistes.
Pour la 10e édition du concours, elle collabore avec une artiste originaire de la République tchèque, qui réside désormais en Colombie-Britannique, Zuzana Riha. Cette année, il y a un changement dans les règles de la compétition : « il n’y a pas de thème », ce qui permet à Patricia Leguen de laisser place à son imagination.
« J’ai décidé de faire un harfang des neiges qui vient d’attraper un petit lemming [un petit rongeur arctique, NDLR] dans ses griffes avec une aurore boréale qui danse derrière », dit-elle.
« J’adore sculpter des animaux canadiens, bien sûr. Et puis, le harfang des neiges, c’est un oiseau magnifique et les femelles sont entièrement blanches. Donc, ça se prête bien pour la neige », raconte Patricia Leguen pour expliquer son choix.
Elle ajoute qu’elle « adore » les aurores boréales, et le choix d’ajouter ce phénomène lumineux se mariera bien dans le décor du lac gelé où se déroule la compétition.
« Il y a pratiquement des aurores boréales tous les soirs, généralement des aurores vertes », affirme la sculpteuse.

Patricia Leguen estime que sa sculpture sera d’environ 3 mètres de haut, de près de 4,50 mètres, de 50 mètres de largeur, et de 2,50 mètres de profondeur.
Des défis s’annoncent pour les artistes qui devront braver le froid, avec une température moyenne de – 20 °C. « Moins 15, c’est la température idéale pour la neige », explique l’artiste qui n’est pas inquiète à l’idée des longues journées à l’extérieur qui l’attendent.
« On a toujours chaud quand on travaille parce qu’on est tout le temps en train de manier les ciseaux à glace et tout. On transpire beaucoup », précise-t-elle.
Patricia Leguen affirme que sa passion est « très très physique » et qu’elle a déjà eu une tendinite aux deux poignets durant une compétition. « J’ai sculpté avec ma tendinite pendant toute la compétition », se remémore-t-elle en riant.
Un article de Pier-Olivier Nadeau avec les informations de Pierre Campo
- La construction du château de neige du Snowking va bon train à Yellowknife
- Une chaîne de télévision inuit veut faire partie du service de base du câble
- La plus grosse raquette du monde est dans le Grand Nord canadien
- Les paysages du Grand Nord canadien s’exposent à Toronto
- Les T.N.-O. discutent de la possibilité de tenir les Jeux d’hiver de l’Arctique en 2026
- Jeux d’hiver de l’Arctique : le relais du flambeau commence cette semaine en Alberta
