La sécurité de l’Arctique, source d’inquiétude dans le Grand Nord canadien

Emily Angulalik, aînée inuk et directrice générale de la Société patrimoniale de Kitikmeot, affirme que c’est « effrayant » d’entendre parler des menaces concernant l’Arctique. (Elliot Pope/Radio-Canada)

La présence de militaires en entraînement dans le cadre de l’opération Nanook, à Cambridge Bay, au Nunavut, génère anxiété et spéculations chez les résidents, alors que la tension monte autour de la zone arctique.

Plusieurs résidents du hameau de 1200 habitants ont confié à CBC/Radio-Canada qu’ils s’inquiètent pour la sécurité de leur communauté.

Pour Emily Angulalik, une aînée inuk directrice générale de la Société patrimoniale de Kitikmeot, cette présence militaire matérialise les problèmes de sécurité et les discussions entourant la souveraineté de l’Arctique.

« Je suis heureuse qu’ils soient là pour nous protéger, mais j’ai peur aussi. Est-ce vraiment si proche? Nous rapprochons-nous à ce point d’une guerre », s’interroge-t-elle.

À ses yeux, alors que l’immensité et la quiétude du territoire assuraient jadis à la communauté un sentiment de paix, elles soulignent aujourd’hui l’isolement de la communauté s’il y avait une urgence.

Vue aérienne de Cambridge Bay, au Nunavut, en janvier 2026. Situé en zone arctique, sur l’île Victoria, le hameau de 1200 habitants n’est accessible que par avion ou par bateau. (Elliot Pope/Radio-Canada)

« Il n’y a pas de routes et nous ne pouvons pas sauter dans une voiture ou un autobus pour atteindre la prochaine communauté ou les services essentiels du sud », explique Emily Angulalik.

Le maire de Cambridge Bay, Wayne Gregory, dit avoir lui aussi entendu les préoccupations de certains résidents.

Plusieurs des membres de la communauté ressentent de l’anxiété, puisque nous sommes un carrefour militaire principal et que nous sommes au centre du passage du Nord-Ouest.Wayne Gregory, maire de Cambridge Bay

Le maire souligne que la communauté a accueilli les troupes dans le hameau et veille à ce qu’elles soient « prêtes à être déployées et à faire ce qui est nécessaire ».

Wayne Gregory, maire de Cambridge Bay, au Nunavut. (Elliot Pope/Radio-Canada)

Cette année, l’opération Nanook se déroule dans un contexte de changements géopolitiques et d’investissements accrus d’Ottawa dans la défense de l’Arctique.

La semaine dernière, dans le cadre d’une conférence sur la défense et la sécurité à Ottawa, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a appelé à une présence permanente de l’OTAN dans l’Arctique.

Selon ce qu’indique Sean French, commandant de la force interarmées de l’opération, les militaires visent deux objectifs à Cambridge Bay : démontrer leur état de préparation dans les conditions de l’Arctique et renforcer les aptitudes des troupes.

Sean French, commandant de la force interarmées pour l’opération Nanook. (Elliot Pope/Radio-Canada)

Avec l’accent mis récemment par le Canada sur les politiques de défense (Notre Nord, fort et libre), « les Forces fournissent des efforts accrus pour que l’Arctique canadien et nos citoyens du Nord soient en sécurité et bien défendus », dit-il.

Bien que le commandant évoque un changement dans les tensions géopolitiques ayant une influence sur l’opération – notamment les menaces du président des États-Unis envers la souveraineté du Canada et du Groenland –, il affirme que les liens demeurent solides entre les militaires canadiens et américains.

L’Opération Nanook se déroule à Cambridge Bay jusqu’au 19 mars.

D’après un article de Saloni Bhugra

Radio-Canada

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