Les insectes piqueurs de plus en plus présents au Nunavut

La variété d’insectes piqueurs serait de plus en plus présente dans la région du Kitikmeot, au Nunavut, et sa population pourrait continuer d’augmenter au cours des prochaines années, selon les données recueillies dans le cadre d’un programme de surveillance des insectes piqueurs.
Selon Danielle Nowosad, chercheuse postdoctorale à l’Université de Calgary, un plus grand nombre de types d’insectes a été observé dans le cadre de ce projet qu’en 2010-2011, lors d’une précédente étude.
« Les populations d’insectes vont très probablement augmenter dans les prochaines années. Vous verrez une plus grande quantité de moustiques sur le territoire, ou davantage d’insectes piqueurs. Mais aussi, vous verrez potentiellement de nouvelles sortes d’insectes arriver », affirme-t-elle.
La chercheuse ajoute que l’aire de reproduction des mouches noires dans le Nord va très probablement s’élargir de manière considérable au cours des prochaines décennies.
La diversité de parasites transmis par les insectes repérés serait également beaucoup plus importante que prévu.

Lancé en 2023 à Kugluktuk, le programme de surveillance s’étend aujourd’hui à Gjoa Haven, Kugaaruk et Cambridge Bay.
Les recherches visent à étudier les insectes de la région et les parasites qu’ils transportent, ainsi que la façon dont les changements climatiques modifient la biodiversité d’insectes piqueurs.
Les chercheurs ont également pour objectif d’étudier la manière dont les animaux sont affectés par les insectes et les parasites dans la région.
Une demande des chasseurs
Le programme de surveillance découlerait d’une demande formulée dans le cadre de la rencontre annuelle de l’organisation des chasseurs trappeurs en 2022.
Beau Taptuna est garde-parc scientifique à Kugluktuk et participe au programme de surveillance des insectes piqueurs.
Lui-même chasseur, il dit avoir observé quelque chose de différent lors d’une sortie avec sa famille, l’automne dernier.
« Nous avons vu au moins cinq carcasses de caribou sur le territoire, sans marque de projectiles », dit-il.

Ce dernier croit que les animaux ont été tués par des parasites transmis par les insectes. D’autres membres de la communauté partageraient ses préoccupations, et s’inquiètent des impacts sur les animaux, comme les caribous et les bœufs musqués.
Selon M. Taptuna, les échantillons de l’année dernière ont permis de recenser près de 300 espèces d’insectes à Kugluktuk.
Danielle Nowosad décrit l’étude comme une initiative communautaire.
Les recherches incluent des discussions avec les membres de la communauté, des aînés et des chasseurs.
Hannah Zikalala, gestionnaire de projet résidente de Cambridge Bay, fait partie de l’équipe.
Pour elle, il est important d’étudier la manière dont les parasites transmis par les insectes peuvent nuire à la taille et à la santé des populations de caribous dans le Nord.
« Si cela affecte un caribou dans un secteur, plusieurs autres peuvent être touchés », souligne-t-elle. « J’aime ma viande traditionnelle, et j’aimerais que plusieurs générations puissent aussi en profiter. »
Des membres de la communauté auraient également mentionné que les feux de forêt dans le Sud pourraient apporter de nouveaux types d’insectes piqueurs dans le Nord. Les chercheurs se pencheront aussi sur ce phénomène.
Le programme doit se poursuivre pour les deux prochaines années, et un rapport de recherche sera publié cet automne, selon ce qu’indique Danielle Nowosad.
Avec les informations de Bianca McKeown
