Une urgentologue recommande le port du masque contre la fumée des feux de forêt

Une médecin urgentologue de Yellowknife conseille aux résidents des Territoires du Nord-Ouest de vérifier régulièrement la qualité de l’air durant la saison des feux de forêt et d’envisager le port d’un masque N95 lorsque l’air est enfumé.
Selon ce qu’explique la Dre Courtney Howard, les dangers associés à une exposition à court et à long terme aux fines particules toxiques qui se trouvent dans la fumée sont des risques de maladies respiratoires, de crises cardiaques, de cancer et de mort prématurée.
Les autorités de santé territoriales et fédérales recommandent également de minimiser l’exposition à la fumée des feux de forêt.
« Ce sont donc des décisions que nous devons prendre chaque jour pour les protéger. »
Lorsqu’il est correctement ajusté, le masque N95 pourrait filtrer environ 90 % des particules fines et serait, ainsi, beaucoup plus efficace que les masques chirurgicaux, selon la Dre Howard.

De taille microscopique, les particules fines, qui mesurent moins de 2,5 micromètres de diamètre, peuvent pénétrer en profondeur dans les poumons et les vaisseaux sanguins, et provoquer une inflammation systémique.
« C’est pourquoi nous constatons une augmentation des accidents cardiaques durant des épisodes de feux de forêt, » souligne la spécialiste.
La Dre Courtney Howard dit toutefois ne pas pouvoir fournir de statistiques sur le nombre de visites aux urgences liées aux feux de forêt, en raison des limites entourant la collecte de données aux T.N.-O.
Selon les autorités sanitaires, les groupes vulnérables sont les nourrissons, les enfants, les aînés et les personnes souffrant de maladies chroniques, comme de l’asthme ou une bronchopneumopathie chronique obstructive.
Aucun niveau d’exposition aux particules fines ne serait entièrement sécuritaire, selon la Dre Howard. Elle recommande notamment de consulter la Cote air santé (nouvelle fenêtre), un outil fiable d’Environnement Canada qui permet d’évaluer les risques liés à la qualité de l’air.

Une Cote air santé située entre 7 et 10 représente un risque élevé pour la santé.
Il est recommandé dans pareille situation de limiter le temps passé à l’extérieur, d’utiliser un système de filtration de l’air et de porter un masque si on doit aller à l’extérieur.
Les avis régionaux trop complexes
Il serait toutefois difficile de publier des alertes régionales en temps utile lors d’une dégradation de la qualité de l’air.
Selon la Dre Kami Kandola, administratrice en chef de la santé publique des T.N.-O., les changements de vent soudains nuisent à la capacité de fournir des mises à jour fréquentes et précises.
« Au moment où un avis est publié, les choses changent. C’est devenu trop complexe, » affirme la Dre Kandola.
Les autorités sanitaires du territoire encouragent les résidents à utiliser des outils en ligne de surveillance de la qualité de l’air, comme la carte PurpleAir (nouvelle fenêtre).
Le gouvernement des T.N.-O. fournit également des masques N95 dans six distributeurs automatiques, appelés Boîtes santé, situés à Inuvik, à Yellowknife, à Hay River et dans la région Tłı̨chǫ.

Le gouvernement travaillerait également à mettre sur pied des refuges d’air propre.
Selon Roshini Kassie, de l’Office de la qualité de l’eau et de l’air de Santé Canada, peu de recherches auraient été menées jusqu’à présent sur l’usage de masques durant des feux de forêt.
Santé Canada aurait toutefois accru ses investissements dans la recherche sur la qualité de l’eau et de l’air depuis la saison des feux de forêt record de 2023.
« Nous avons commencé à accroître nos efforts pour être en mesure de répondre à ces besoins changeants, » affirme-t-il.
Selon Santé Canada, il appartient aux communautés de s’adapter aux changements climatiques et de repenser leurs normes sur le plan local.
« Nos enfants grandissent dans un environnement où la qualité de l’air n’est souvent pas très bonne, et nous devons commencer à bâtir des structures pour les protéger, » ajoute-t-il.
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