Le maintien du cycle biennal des Jeux d’hiver de l’Arctique applaudi

Une personne brandit le drapeau des Jeux d'hiver de l'Arctique lors de la cérémonie d'ouverture à Whitehorse le 8 mars 2026.
Les plus récents Jeux d’hiver de l’Arctique se sont déroulés à Whitehorse en mars 2026. Photo : Radio-Canada / Félix Lebel

Un texte de Félix Lebel

L’annonce de la tenue des Jeux d’hiver de l’Arctique à Fairbanks en 2028, plutôt qu’en 2029, a été reçue positivement dans le milieu sportif du Nord. Cette décision permettra peut-être à certains athlètes plus âgés qui avaient déjà amorcé leur deuil des Jeux de compétitionner pour une dernière fois.

Partout dans la région circumpolaire, les organisations sportives se préparaient à une nouvelle réalité : que les Jeux d’hiver de l’Arctique se déroulent aux trois ans, plutôt qu’aux deux ans. C’était ce que le comité organisateur avait affirmé plus tôt cette année, alors qu’aucun hôte ne s’était engagé pour 2028.

Fairbanks a toutefois sauvé la mise, permettant au comité organisateur d’annoncer, mardi, que la deuxième plus grande ville de l’Alaska sera l’hôte des prochaines compétitions, et ce, dès 2028.

Pour Williams Blais, un fondeur de 16 ans, cette décision a le potentiel de tout changer.

Ça donne une opportunité à moi et aux personnes de mon année de faire les Jeux qui sont très amusants et très importants pour la communauté et les jeunes au nord du globe, se réjouit-il.

Un jeune athlète pose en tenue de ski de fond devant des arbres en hiver.
Williams Blais espère participer aux Jeux d’hiver de l’Arctique pour la troisième fois. Photo : Fournie par Jean-Sébastien Blais

Né en 2010, l’athlète franco-yukonnais n’aurait sûrement pas pu se présenter aux qualifications de ski de fond si les Jeux avaient été repoussés d’un an. Pour l’instant, si aucun changement n’est apporté au dossier technique de ski de fond, qui renferme les règlements et spécifications par discipline sportive, les athlètes de son année pourront tenter leur chance pour Fairbanks.

Williams Blais explique que les compétitions d’une telle envergure se font plus rares dans les communautés nordiques. On a une vraie place, soutient-il. Pour ses troisièmes Jeux d’hiver de l’Arctique, William Blais a déjà hâte de retrouver l’esprit de communauté qui l’a tant marqué.

Jacob Cromarty, né lui aussi en 2010, est dans une situation similaire.

Lors des derniers Jeux, je croyais que c’était ma dernière chance, confie le joueur de futsal. Il explique que les Jeux sont l’occasion de se mesurer à des équipes de plus haut niveau, en plus de rassembler des athlètes de toute la région nordique.

Un jeune joueur de futsal manie le ballon devant un défenseur durant un match.
Jacob Cromarty espère pouvoir participer à ses deuxièmes Jeux d’hiver de l’Arctique à Fairbanks. Photo : Fournie

S’il se qualifie pour ceux de 2028, Jake Cromarty n’a qu’un objectif en tête : remporter une médaille. [Mon équipe et moi] avons hâte de prouver notre talent, ajoute-t-il.

Une décision saluée par les organisations sportives

C’est vraiment une nouvelle importante, soulève John Rodda, président du Comité international des Jeux d’hiver de l’Arctique. 

« Le cycle de deux ans est celui qui sert le mieux nos athlètes du Nord. »

Je n’ai entendu que du positif à propos du maintien du cycle de deux ans, explique John Rodda, président du Comité international des Jeux d’hiver de l’Arctique.

Un homme pose à l'extérieur au centre-ville de Whitehorse.
John Rodda est le président du Comité international des Jeux d’hiver de l’Arctique. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

Tracey Bilsky, directrice de Sport Yukon, abonde dans le même sens.

Si le rythme passait soudainement à une édition tous les trois ans, une tranche d’âge entière se retrouverait essentiellement privée de l’expérience tout à fait unique que représente la participation aux Jeux d’hiver de l’Arctique, fait-elle valoir.

Cette dernière explique que le système actuel dans le Nord est spécialement conçu pour s’adapter au cycle de deux ans et guide la façon dont les organisations sportives opèrent.

Elle dit s’être entretenue avec plusieurs organisations sportives depuis l’annonce. Tout le monde est très enthousiaste à l’idée que les Jeux aient lieu en 2028 et que l’on conserve le cycle de deux ans, affirme-t-elle.

Tracey Bilsky sourit devant les locaux des Jeux d'hiver de l'Arctique, au centre-ville de Whitehorse.
Tracey Bilsky, présidente de la Société hôte des Jeux d’hiver de l’Arctique 2026. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Caitrin Pilkington / CBC

C’est le cas de Monique Smith, entraîneuse de l’équipe de lutte des Territoires du Nord-Ouest pour les Jeux d’hiver de l’Arctique 2026, qui estime que cette décision change la donne complètement.

Sans les Jeux, il est très difficile de maintenir une équipe sportive, car les frais de déplacement dans le Nord sont très élevés, ajoute-t-elle. Le cycle de deux ans offre également aux jeunes athlètes davantage d’occasions de participer à des compétitions et de se perfectionner avant d’atteindre la limite d’âge du programme.

Après Fairbanks, les prochains Jeux seront donc en 2030, a confirmé M. Rodda.

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