Décès tragique d’un jeune garçon du Nunavik

Un jeune garçon d’Ivujivik, au Nunavik, est décédé dans des circonstances tragiques.
Selon des informations qui ont circulé sur les réseaux sociaux, Jusi Padlayat, 4 ans, serait décédé faute d’avoir obtenu des soins adéquats, malgré des visites répétées au centre de santé du village.
Le garçon aurait souffert de douleurs à l’estomac constantes
pendant plusieurs jours et se serait éteint dans les bras de ses parents.
L’affaire a fait grand bruit sur les réseaux sociaux, donnant naissance au mot-clic #JusticeforJusi et à une campagne de financement participatif pour venir en aide à la famille du garçon.
Sans fournir de détails, le Bureau du coroner du Québec a confirmé le décès de l’enfant par courriel.
Nous tenons à offrir nos plus sincères condoléances à la famille ainsi qu’à tous les proches touchés.Le responsable des communications de l’organisation, Jake Lamotta Granato, a également confirmé qu’une coroner allait enquêter surles causes et les circonstances entourant le décès.
« Cette situation tragique fait un écho particulièrement douloureux à l’histoire de Joyce Echaquan, rappelant à quel point il est aberrant de devoir documenter sa propre souffrance pour espérer être entendu par le système de santé », peut-on lire dans un communiqué du Bureau du Principe de Joyce, organisation créée dans la foulée de la mort d’une mère de famille atikamekw en 2020 à l’hôpital de Joliette.
Le Bureau a pour mission de garantir à tous les Autochtones un droit d’accès équitable, sans aucune discrimination, à tous les services sociaux et de santé.
Il est inacceptable qu’un enfant soit laissé à sa souffrance pendant autant de temps, dit Sylvestre Desterres, directeur général par intérim du Bureau du Principe de Joyce. Dix jours d’agonie pour un enfant, c’est toute une vie de douleur et de chagrin pour ses parents.
Les autorités sanitaires s’engagent à faire preuve de transparence
Au terme de son investigation, si elle le juge opportun, la coroner pourra également formuler des recommandations, a aussi précisé M. Lamotta Granato. Celles-ci sont des mesures préventives qui visent à protéger la vie humaine et à éviter des décès dans des circonstances semblables.
Le Service de police du Nunavik a confirmé être intervenu auprès d’un enfant de 4 ans, inconscient, le 1er août dernier, dans une résidence à Ivujivik.
Au moment où nos agents se sont rendus sur les lieux, les services médicaux d’urgence transportaient déjà l’enfant vers des soins médicaux. Nos dossiers n’indiquent aucun autre appel de service concernant l’enfant avant cette date, a déclaré par écrit le directeur adjoint du Service, Shaun Longstreet.
Les autorités de santé publique de la région où vivait le garçon se sont quant à elles adressées aux Nunavimmiut.
Dans une déclaration commune, les directrices de la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik (RRSSSN) et du Centre de santé Inuulitsivik (CSI) se sont engagées à faire preuve de transparence et à faire la lumière sur les circonstances de ce décès
.
Il est de notre responsabilité de veiller à ce que les circonstances de cette tragédie fassent l’objet d’un examen approfondi et objectif, est-il également écrit. Un examen interne aurait été lancé.
Tout en reconnaissant la douleur de la famille et en offrant ses condoléances, la RRSSSN et le CSI ont lancé un appel au calme. La violence n’est pas une solution. Elle n’apportera ni réponses ni apaisement à la famille ou à la communauté.
Les deux organisations se sont engagées à
donner suite aux conclusions des enquêteset àmettre en œuvre les mesures nécessaires.
La classe politique exige des réponses
La ministre de la Santé du Québec, Sonia Bélanger, a parlé d’une histoire profondément bouleversante
sur les réseaux sociaux.
Nous devons comprendre comment une telle situation a pu se produire, a-t-elle ajouté.
De son côté, le ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, Ian Lafrenière, a indiqué que les autorités inuit sont mobilisées et prennent la situation très au sérieux
. Le gouvernement du Québec sera là pour les appuyer. On veut que la lumière soit faite sur ce qui s’est passé.
Combien de Joyce et de Jusi faudra-t-il avant qu’on agisse enfin?a tonné pour sa part le député de Québec solidaire Sol Zanetti dans une publication sur Instagram.S’il s’agit, encore une fois, d’un cas de racisme systémique dans notre service de santé, le déplorer ne suffira pas.
La députée fédérale d’Abitibi–Baie-James–Nunavik–Eeyou et ministre des Services aux Autochtones, Mandy Gull-Masty, a également réagi, par courriel.
J’ai été profondément bouleversée d’apprendre le décès d’un petit garçon de 4 ans à Ivujivik, dans ma circonscription.
« Les familles et les communautés inuit doivent avoir accès à des soins de santé sûrs et fiables, en particulier les enfants et les jeunes, qui sont l’avenir de nos communautés », a-t-elle également souligné.
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