Élections municipales à Yellowknife : record de candidats, plus de diversité

Des affiches électorales le long de l’avenue Wıìlıìdeh, à Yellowknife. Les électeurs se rendront aux urnes le 19 octobre pour élire le prochain maire et le prochain conseil municipal.
Photo : CBC / Julia Parrish

Les électeurs de Yellowknife auront l’embarras du choix lors des élections municipales du 19 octobre : une vingtaine de candidats se disputent un siège au conseil municipal, ce qui en fait l’une des plus importantes participations.

« D’après ce que j’ai compris, c’est un record », a déclaré Stephen Van Dine, directeur municipal de la capitale des Territoires du Nord-Ouest.

Sur les 21 candidats en lice, seuls 7 ont déjà exercé des fonctions politiques, que ce soit en tant qu’anciens conseillers municipaux ou au niveau territorial ou fédéral.

Pour de nombreux électeurs, la perspective de voir de nouveaux visages au conseil municipal est une bonne nouvelle.

« Je suis contente de voir autant de candidats qui ont de très bonnes compétences à amener à la Ville », dit Gaëlle Groux, une électrice de Yellowknife. « Cela me permet de voter pour plusieurs candidats qui sont excellents et qualifiés. »

Un éventail de profils

Cette participation offre une diversité de profils qui, du genre à l’origine ethnique, en passant par la formation, le parcours professionnel et la composition familiale, reflète, selon plusieurs électeurs, la population de Yellowknife.

« Une plus grande diversité de ces voix ne peut que renforcer les idées qui émergent », affirme Gaëlle Groux, qui juge le conseil actuel peu diversifié et craint que certaines personnes ne s’y sentent pas représentées.

Pretty Ngo, une autre électrice, le dit plus crûment.

« Le dernier conseil municipal était principalement composé de personnes blanches », affirme-t-elle. « On a besoin que les gens qui vivent ici nous représentent.»

Selon elle, la diversité amène un éventail plus large d’expériences, ce qui pourrait aider à résoudre les problèmes auxquels Yellowknife fera face.

« On a besoin de plus de gens qui se penchent sur la situation des personnes marginalisées », dit-elle, en faisant notamment référence aux personnes queers, transgenres et autochtones.

Stephen Van Dine croit que des formations destinées aux candidats ont encouragé plus de personnes à se lancer, en leur donnant une meilleure idée de ce que signifie une candidature et un mandat.

Le conseil précédent s’est également penché sur certains obstacles qui pouvaient décourager des candidats, notamment en examinant le financement de la garde d’enfants pour les conseillers, ou en permettant la participation virtuelle aux réunions lorsqu’ils ne pouvaient pas s’y rendre en personne.

Des conseillers municipaux ont toutefois fait part par le passé de préoccupations liées au fait d’être perçus comme des représentants symboliques. Stacie Arden Smith, l’une des rares femmes autochtones à avoir siégé au conseil, a dit à CBC que son expérience avait été marquée par la solitude et qu’elle avait fait face à du racisme et à de la violence latérale.

Depuis que la liste des candidats a été finalisée en septembre, les débats, tant durant des événements politiques qu’en ligne, ont porté sur la question de savoir où se situe la frontière entre diversité et politique identitaire.

Gaëlle Groux estime qu’il faut aller au-delà de l’identité et de l’apparence des candidats et considérer plutôt leurs perspectives et leurs positions.

L’ancienne mairesse et actuelle députée des Territoires du Nord-Ouest, Rebecca Alty, affirme que ces perspectives sont justement essentielles. « On a une communauté diversifiée et on devrait avoir des voix diversifiées autour de la table. C’est très important d’avoir différentes façons d’aborder un problème. »

Rebecca Alty estime que les électeurs devraient se concentrer non seulement sur ce que les candidats disent qu’ils feront, mais aussi sur la manière dont ils s’y prendront.

« Il est parfois facile de dire ce que l’on va faire en matière de logement », ajoute-t-t-elle. « La plupart des gens n’entreront pas dans les détails techniques. Il s’agit donc plutôt de savoir comment ils vont aborder la question, s’ils feront preuve d’esprit d’équipe ou combien de temps ils vont y consacrer. »

Avec les informations de Jessica Davey-Quantick 

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