Retour sur les premiers Jeux d’hiver de l’Arctique à Yellowknife

L’équipe des T.N.-O. aux Jeux d’hiver de l’Arctique en 2002. (Photo d’archives : Arctic Winter Games International Committee)

Les Jeux d’hiver de l’Arctique désignent l’ensemble des évènements sportifs et organisés par des contingents de la région arctique, en particulier des communautés circumpolaires du Canada, de l’Alaska, du Kalaallit Nunaat (Groenland) et du nord de la Scandinavie. Jusqu’en 2020, la Russie participait aussi aux épreuves. Mais après l’invasion de l’Ukraine, cette équipe a été exclue pour une durée indéterminée.

À quelques semaines du lancement des prochains Jeux d’hiver de l’Arctique, un petit retour dans le temps s’impose pour comprendre le présent.

Stuart Hodgson, commissaire des T.N.-O. de 1967 à 1979, et Bud Orange, membre du Parlement ténois de 1965 à 1972, ont eu l’idée de créer des Jeux d’hiver de l’Arctique alors qu’ils assistaient aux tout premiers Jeux d’hiver du Canada au Québec en 1967.

Préoccupés par le manque de compétition auquel les athlètes et entraîneurs du Nord avaient accès et par le fait qu’ils étaient souvent exposés à des scores déséquilibrés lorsqu’ils participaient aux Jeux du Canada et à d’autres évènements nationaux dans le Sud, des jeux organisés en Arctique devaient, selon eux, rétablir un équilibre et un accès équitable à des compétitions.

Cette idée a été acceptée par James Smith, commissaire du Yukon, puis par le gouverneur de l’Alaska, Walter Hickel. Trois ans plus tard, les premiers Jeux se déroulaient à Yellowknife pour coïncider avec le centenaire de la création des Territoires du Nord-Ouest.

De la création en 1970 à la pandémie en 2020

Les premiers Jeux de l’Arctique ont eu lieu en 1970 à Yellowknife et l’ouverture officielle a été orchestrée par le premier ministre de l’époque, Pierre Elliott Trudeau. Le Yukon, l’Alaska et les T.N.-O. ont participé à ces premiers Jeux. Dans le premier numéro de l’Ulu News, le journal des Jeux paru le 9 mars 1970, le défilé est décrit comme le plus grand à avoir eu lieu à Yellowknife. Plus de 700 athlètes, entraîneurs et personnalités politiques ont marché, notamment sur l’avenue Franklin.

En 1972, les Jeux se sont tenus à Whitehorse, au Yukon, et marquent le début d’une rotation entre les différentes régions participantes tous les deux ans. L’équipe du Nunavik, qui s’appelait à l’époque Northern Québec, a envoyé des athlètes ainsi que le Groenland. Le Labrador et la Russie ont quant à eux envoyé un contingent d’observateurs.

En 1974 les Jeux se sont déroulés à Anchorage en Alaska. Puis, en 1976, le nombre de participants a dû être revu à la baisse. En effet, cette année-là, l’événement a eu lieu à Schefferville, une petite communauté nordique, à la frontière du Québec et du Labrador, où les infrastructures et les hébergements étaient très limités.

En 1986, le nord de l’Alberta s’est présenté pour la première fois. Quatre ans plus tard, le Groenland a envoyé un contingent de 50 athlètes, tandis que la Russie comptait sur un contingent culturel originaire de la province de Magadan dans le nord-est de la Sibérie.

En 1992, des athlètes russes et groenlandais ont été accueillis pour la première fois aux Jeux.

En 2020, ils ont été annulés à moins de deux semaines du coup d’envoi à cause de la pandémie de COVID-19. En 2022, toujours en lien avec la pandémie, les Jeux ont été reportés à l’année suivante, à Wood Buffalo, dans le nord de l’Alberta.

Il est intéressant de noter que, malgré la participation des Samis de l’Europe du Nord, les Jeux n’ont jamais eu lieu en Europe.

Une édition unique entre le Nunavut et le Groenland

En 2002, selon la volonté de nombreux politiciens, le Comité international des Jeux d’hiver de l’Arctique a approuvé leur organisation sur deux sites distincts : à Nuuk, au Groenland, et à Iqaluit, au Nunavut.

Les premiers Jeux organisés en partie hors d’Amérique du Nord comprenaient 17 sports. Iqaluit a accueilli le basketball, le curling, les jeux dénés, le mushing, le hockey, la gymnastique, les jeux inuit, le patinage de vitesse et la lutte, tandis que Nuuk a présenté, entre autres, le ski alpin, le badminton, le ski de fond ou encore les sports arctiques.

Quatorze ans plus tard, la ville de Nuuk a accueilli seule les Jeux. Maliina Abelsen, directrice générale, a rappelé dans Ulu News que le nombre de participants était plus de deux fois supérieur à ceux de 2002.

« Pour une ville de 17 000 habitants, trouver de la place pour loger 2000 personnes supplémentaires n’est pas une mince affaire. »

Quel est le rôle du Comité international des Jeux?

Le Comité international des Jeux d’hiver de l’Arctique en assure la gestion. Cet organe directeur promeut les valeurs symbolisées par les trois anneaux entrelacés, qui représentent la compétition sportive, l’exposition culturelle et l’échange social. Dédié au succès continu de ces Jeux, le Comité supervise la préparation de la société hôte et guide l’intégrité technique et culturelle.

Le principe est de permettre aux athlètes du nord circumpolaire de concourir, selon leurs propres termes, sur leur propre terrain. Non seulement les épreuves permettent aux sportifs d’améliorer leurs techniques et performances en se mesurant à d’autres athlètes lors d’une compétition internationale, mais, en plus, ces rencontres sportives renforcent la compréhension mutuelle et les liens d’amitié qui se créent entre les différentes communautés de l’Arctique.

Nelly Guidici, L'Aquilon

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