Le conseil d’administration du nouvel office de santé du Yukon démissionne

Le Yukon compte trois hôpitaux, soit celui de Dawson, celui de Whitehorse et celui de Watson Lake. (Sarah Xenos/Radio-Canada)

Les sept membres du conseil d’administration (CA) du Shäw Kwä’ą, le nouvel office de la santé du Yukon, ont remis leur lettre de démission au gouvernement lundi, quelques jours après qu’il a mis sur pause les activités de la nouvelle autorité.

Jeudi dernier, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Brad Cathers, a demandé la suspension immédiate des activités administratives et opérationnelles de l’office de santé, dont les rencontres du CA, dans une directive envoyée à ses membres. Le document précise également que le soutien administratif fourni par son ministère cessera à la fin du mois d’avril.

« Avec la directive du ministère de mettre le travail sur pause et la fin du soutien administratif, il n’existe aucune voie viable ou responsable pour que le conseil d’administration poursuive ses activités », a expliqué Stephen Mills, désormais ancien président du Shäw Kwä’ą, dans un communiqué de presse.

Stephen Mills a été choisi pour présider le conseil d’administration de Shäw Kwä’ą en août 2025. Il a également contribué à la rédaction de la loi qui a donné naissance à l’Office de la santé. (Stephen Mills)

« Insensible et irrespectueux »

Stephen Mills déplore le manque de communication du gouvernement à l’égard du conseil, qui a cherché à plusieurs reprises à contacter le ministère depuis les élections de novembre, notamment pour comprendre la direction voulue par le gouvernement.

Il explique que le conseil a réitéré sa demande de rencontre le 10 avril dernier, mais n’a obtenu qu’une réponse deux semaines plus tard – le jour où la directive de suspension des activités a été écrite.

Si c’est une stratégie intentionnelle, c’est […] insensible et vraiment irrespectueux.Stephen Mills, ancien président du CA

Au début d’avril, le gouvernement du Yukon a adopté un projet de loi lui permettant de modifier la Loi sur l’office de santé, dans le but de suspendre les travaux d’établissement de la nouvelle autorité territoriale, au grand dam des Premières Nations et des francophones. L’office disposait déjà d’un conseil d’administration et d’un président depuis août 2025.

Le gouvernement se dit fidèle à ses promesses

Interrogé par les journalistes lundi, le ministre de la Santé, Brad Cathers, a rappelé à plusieurs reprises que le gouvernement avait agi conformément à ses engagements. Son parti avait déjà voté contre la Loi sur l’autorité de la santé en 2024 et la réévaluation de la création de cette autorité de santé faisait partie des priorités de campagne du Parti du Yukon.

Questionné sur la stratégie « insensible » du gouvernement, Brad Cathers a reconnu que tout le monde n’était pas nécessairement d’accord avec les engagements du gouvernement. M. Mills lui-même a été très critique à l’égard de la position que nous avions adoptée en tant qu’opposition officielle lors du débat sur la législation.

Je respecte son opinion. Mais nous faisons ce que nous avons dit aux Yukonnais que nous ferions.Brad Cather, ministre de la Santé du Yukon
Le ministre Brad Cathers à l’Assemblée législative du Yukon, le 27 avril. (Dana Hatherly/CBC/Radio-Canada)

La démission du conseil d’administration permettra par ailleurs d’économiser 19 000 $ par mois – près d’un quart de millions de dollars par année, précise Brad Cathers –, que le gouvernement pourra investir dans d’autres secteurs plus présents, ajoute-t-il.

Le ministre de la Santé a expliqué le mois dernier que cette pause visait à réévaluer cette transition vers une autorité de santé territoriale, pour mieux rediriger les ressources financières.

La création de cette nouvelle autorité de la santé découlait directement des recommandations du rapport « La population d’abord », un vaste examen réalisé en 2020 sur l’état des services de santé au Yukon.

La cheffe de l’opposition néo-démocrate, Kate White, confirme que les intentions du gouvernement de revenir sur le travail accompli pour la nouvelle autorité de santé ont été claires jusqu’ici, mais précise que cette consistance « n’est pas un compliment ».

La réalité, c’est que c’est têtu, c’est égoïste. C’est agir sans se soucier des conséquences ni de l’avenir. Oui, des conséquences, car de telles actions auront des répercussions.Kate White, leader de l'opposition néo-démocrate

Chloé Dioré de Périgny, Radio-Canada

Pour d’autres nouvelles sur le Canada, visitez le site de Radio-Canada.

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

Laisser un commentaire

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette.
Nétiquette »

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *