L’avenue Franklin de Yellowknife est rebaptisée avenue Wıìlıìdeh

L’avenue Wıìlıìdeh constitue l’artère principale de Yellowknife. (Photo d’archives)
(Radio-Canada / Chantal Dubuc)

Après un an de réflexion, le conseil municipal de Yellowknife a décidé de renommer la voie centrale de la ville.

Anciennement connue sous le nom d’avenue Franklin, l’artère principale s’appellera désormais avenue Wıìlıìdeh.

Le changement a fait l’unanimité lors d’une réunion du conseil mercredi. Il s’agit de la conclusion d’un processus amorcé il y a environ un an à la suite d’une demande de la Première Nation des Dénés Yellowknives.

Selon le directeur municipal, Stephen van Dine, de nouvelles plaques seront installées dans les semaines à venir. Les travaux devraient coûter environ 41 000 $, estime-t-il.

« Dans l’ensemble, je pense que c’est une somme assez minimale », soutient Stacie Arden-Smith, une des conseillères.

« Je reconnais que certains habitants seront touchés par ce changement, mais la Ville travaille fort pour aider ces gens à s’adapter », ajoute-t-elle.

Postes Canada persistera notamment à désigner la voie sous le nom de la 50e Avenue, même après la récente mise à jour. Les commerçants et les habitants longeant la rue pourront donc conserver leur adresse actuelle, indique M. van Dine.

Preuve de réconciliation

La conseillère appuie l’emploi du nouveau nom, mais elle considère que ce changement représente une petite étape dans la réconciliation avec les peuples autochtones de la région.

Le nom original de la rue rendait hommage à l’explorateur Sir John Franklin, célèbre pour avoir tenté de découvrir le passage du Nord-Ouest, une expédition qui s’est terminée par deux naufrages au Nunavut en 1848.

Cependant, environ 25 ans plus tôt, il avait miraculeusement survécu à une autre expédition catastrophique dans les Territoires du Nord-Ouest. Franklin et son équipage s’étaient lancés à la recherche du passage du Nord-Ouest en partant de l’embouchure de la rivière Coppermine. Parmi la vingtaine d’hommes sous sa direction, 11 sont morts, et les autres ont été sauvés par des Dénés Yellowknives.

Miranda Currie, artiste autochtone et résidente de Yellowknife, appuie le choix d’un nouveau nom qui reflète la langue traditionnelle de la région.

Il est important de voir davantage la langue en public; de cette manière, elle reste vivante.

Miranda Currie, résidente de Yellowknife

Elle n’éprouve aucune inquiétude quant à la prononciation, bien au contraire.

« C’est exactement le but : apprendre à prononcer le nom dans la langue autochtone et rendre hommage aux ancêtres de ce territoire. »

Avec les informations de Jessica Davey-Quantick

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