Le produit Roundup de l’entreprise Bayer-Monsanto est l’herbicide le plus utilisé dans le monde, dont au Canada, et de loin. Jusqu’à 800 000 tonnes de ce glyphosate sont épandues chaque année sur la planète. (AP /Haven Daley)

L’herbicide le plus acheté par les Canadiens frappé par un jugement punitif plus de 2 milliards $

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Un jury de l’État de la Californie vient de condamner le groupe allemand Bayer, fabricant de l’herbicide de marque Roundup, à verser plus de 2 milliards de dollars de dommages à un couple qui soutient que son produit actif, le glyphosate, est à l’origine de leur cancer.

Alva et Alberta Pilliod ont utilisé l’herbicide autour de leur maison pendant plus de trois décennies. Au cours des dernières années, ils ont tous les deux reçu un diagnostic de lymphome non hodgkinien. Les membres du jury de la Cour supérieure d’Oakland ont ordonné le paiement de 55 millions de dollars de dommages compensatoires au couple américain et 2 milliards de dollars en dommages punitifs.

Le jury d’Oakland a statué que le fabricant du Roundup est coupable de manquements passés en matière de mise en garde contre les risques sanitaires qui peuvent être associés au produit populaire à base de glyphosate. Bayer rejetait cette conclusion en maintenant que le glyphosate peut être utilisé sans danger conformément au mode d’emploi figurant sur l’étiquette, conclusion qui a été approuvée par l’Environmental Protection Agency des États-Unis ainsi que par Santé Canada et par les organismes de réglementation de plusieurs autres pays.

De gauche à droite, le plaintif Alva Pilliod, l’avocat Brent Wisner, la plaintive Alberta Pilliod et l’avocat Michael Miller lors d’une conférence de presse tenue le 13 mai à San Francisco, quelques heures après qu’un jury eut condamné Monsanto Co. à verser 2,055 milliards de dollars en dommages et intérêts. (Paul Elias/Associated Press)

Un autre jugement dévastateur et peut-être pas le dernier

C’est le troisième jugement de suite que perd Bayer aux États-Unis dans le dossier du Roundup. Bayer a racheté Monsanto l’an dernier pour 63 milliards de dollars. Cela pourrait s’avérer au final l’une des plus mauvaises décisions d’affaire de l’ère moderne. Bayer fait maintenant face à plus de 13 400 actions en justice uniquement aux États-Unis.

Des pressions juridiques sont également exercées sur les utilisateurs finaux de produits agricoles, après que des tests scientifiques ont permis de trouver des traces de l’herbicide dans de nombreux produits à base de céréales tels que les céréales pour petit déjeuner et le pain, ainsi que dans de nombreux vins et bières.

Le jugement de cette semaine contre Bayer et Monsanto pourrait d’autre part avoir un impact sur la vente de ce produit ici même au Canada et transformer le comportement de centaines de milliers de consommateurs canadiens qui ont recours chaque année, au printemps et à l’été principalement, au désherbant de Monsanto. Cet agent actif du Roundup, largement utilisé en agriculture, est, pour le moment, homologué au Canada jusqu’en 2032.

Voyez pourquoi des Canadiens exigent que le Canada révise son opinion au sujet du Roundup

Le Centre international de recherche sur le cancer, une division de l'Organisation mondiale de la santé, a classé le glyphosate comme probablement cancérogène pour l'homme en 2015. Photo : iStock

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L’agence de l’environnement française Anses a annoncé le 15 janvier dernier l’interdiction immédiate du Roundup. Photo : Mozart

En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’Organisation mondiale de la santé, a ajouté le glyphosate à la liste des substances cancérogènes probables. Or, un an plus tard, l’Agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) a conclu tout à fait le contraire, comme l’a fait l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) au Canada.

Dans un revirement inattendu, Santé Canada a récemment entrepris une nouvelle analyse des études qui ont justifié l’approbation du glyphosate, l’ingrédient actif du Roundup de Monsanto, l’herbicide le plus vendu au Canada. (Voir le reportage de Sylvie Fournier de l’émission Enquête.)

L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ne l’a jugé ni cancérogène, ni génotoxique, ni reprotoxique le 15 mars 2017.

L’Autorité de protection environnementale néo-zélandaise considère qu’il est peu probable que le glyphosate soit cancérogène ou génotoxique chez l’humain.

L’Office californien d’évaluation des risques pour la santé environnementale (OEHHA) a inscrit en mars 2017 le glyphosate comme substance causant des cancers chez l’homme.

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Une rivière agricole en Abitibi Photo : BOUALEM HADJOUTI

RCI avec les informations de Jonathon Gatehouse de CBC News, La Presse canadienne, Agence France-Presse et la contribution de Sandra Gagnon, Annie Desrochers, Guillaume Dumas et Patrick Masbourian de Radio-Canada

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