Deux femmes se tiennent devant un mémorial pour l'équipage du vol d'Ukraine International Airlines qui s'est écrasé en Iran mercredi. (The Associated Press)

Rapatrier les restes des victimes canadiennes du vol 752 s’annonce plus ardu

Les familles des victimes de l’accident d’avion en Iran devront se battre pour récupérer les restes de leurs proches qui sont décédés dans la tragédie arienne de mercredi peu après le décollage de Téhéran de leur Boeing 737 dont la destination ultime devait être l’aéroport Pearson de Toronto.

Rappelons que sur les 176 victimes tuées, 63 étaient des citoyens canadiens. Parmi ces victimes canadiennes, on comptait des familles entières, des universitaires, des étudiants et de jeunes mariés.

Le fait que le Canada ait rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran, il y a des années, compliquera probablement le travail de recherche des causes de l’écrasement et du rapatriement des corps.

Ces relations ont été rompues en 2012 par le précédent gouvernement conservateur canadien de Stephen Harper. Par la suite, l’actuel gouvernement de Justin Trudeau a mené de timides et essentiellement vains efforts de rapprochement avec Téhéran.

Téléphone rouge entre Ottawa et Téhéran

Dans un rare appel téléphonique, en milieu de semaine entre les deux pays, le ministre canadien des Affaires étrangères François-Philippe Champagne s’est entretenu avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, à qui il a « souligné la nécessité d’accorder rapidement aux représentants canadiens l’accès à l’Iran pour fournir des services consulaires », et aider notamment à l’identification des défunts.

Le résumé officiel canadien de cet appel n’indique pas si le ministre iranien a accepté les demandes de M. Champagne. Mais lors d’une conférence de presse jeudi après-midi, le ministre canadien a qualifié la conversation d’« ouverte » et d’« encourageante ».

« C’est la première étape, obtenir l’accès au pays pour notre équipe de réaction rapide, et évidemment pouvoir participer à l’enquête », a-t-il dit.

« Nous suivons cela, je dirais, minute par minute ou heure par heure, et nous fournirons toute l’information aux Canadiens dès que j’aurai des nouvelles. »

Le problème de la double citoyenneté des victimes

Thomas Juneau, un expert de l’Université d’Ottawa sur le Moyen-Orient, estime qu’un autre facteur qui va entraver les efforts du rapatriement des restes des victimes est le fait que l’Iran ne reconnaît pas la double citoyenneté.

Le Canada affirme que 63 de ces citoyens ont péri, mais aux yeux de Téhéran ce total pourrait-être évalué comme étant de beaucoup inférieur.

Le gouvernement canadien reconnaît que bon nombre des morts étaient peut-être des Canadiens d’origine iranienne, mais qu’ils voyageaient avec des passeports iraniens. De l’avis du gouvernement iranien, ces personnes pourraient être considérées comme des Iraniens, indique M. Juneau.

D’autres pays viennent au secours du Canada

À l’heure actuelle, l’ambassade du Canada à Ankara, en Turquie, est responsable des services consulaires en Iran, tandis que l’Italie représente le Canada sur le plan diplomatique à Téhéran.

Cependant, l’ambassadeur de l’Ukraine au Canada, Andriy Shevchenko, déclare que son pays, qui a une présence diplomatique en Iran, fera tout ce qu’il peut pour que le Canada continue de participer à l’enquête et l’aider diplomatiquement au besoin.

« Nous devrons traverser cette épreuve avec le Canada, a déclaré M. Shevchenko jeudi, en ouvrant un livre de condoléances à l’ambassade à Ottawa. Il n’y a pas de longue distance pour la douleur et l’empathie. »

Le fait que les victimes canadiennes étaient pour la plupart des musulmans

L’identification des restes humains et leurs retours à leurs proches sont toujours des opérations au mieux des plus difficiles. Les autorités ont déclaré que les corps et les restes retrouvés sur le site de l’écrasement ont été apportés au bureau du coroner pour être identifiés. Cela pourrait prendre des jours, voir des semaines.

Or, un grand nombre de ceux qui sont morts dans l’accident de cette semaine étaient musulmans, et les musulmans doivent habituellement enterrer leurs proches le plus rapidement possible après leur mort. Cela s’avère presque impossible dans une tragédie de cette envergure.

RCI avec CBC News

Vol 752 – Une tragédie canadienne… Voici notre couverture complète

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Rapatrier d’Iran les restes des victimes canadiennes du vol 752 s’annonce ardu
Le fait que le Canada ait rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran il y a des années compliquera probablement le travail de recherche des causes de l’écrasement et le rapatriement des corps des Canadiens. Il y a aussi le problème que l’Iran ne reconnaît pas la double citoyenneté.

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63 passagers canadiens meurent dans l’écrasement d’un Boeing ukrainien en Iran
Din Mohammad Qassemi, qui vit près du site de l’accident, a affirmé : « J’ai entendu une explosion massive et toutes les maisons ont commencé à trembler. Il y avait du feu partout. Au début, j’ai pensé que [les Américains] avaient frappé ici avec des missiles. Au bout d’un moment, je suis sorti et j’ai vu qu’un avion s’était écrasé là-bas. Il y avait des morceaux de corps partout. »

Catégories : Immigration et Réfugiés, International, Politique
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