Le moteur de recherche Google rendra hommage vendredi à Mary Ann Shadd Cary, première femme noire rédactrice en chef et éditrice d’un journal canado-américain, avec une illustration sur sa page d’accueil.
Le 9 octobre marquera le 197e anniversaire de Mary Ann Shadd Cary, connue pour son combat pour l’abolition de l’esclavage et pour le droit de vote des femmes. Elle est d’ailleurs considérée comme la seconde femme noire à avoir obtenu un diplôme universitaire en droit aux États-Unis.
Originaire de Wilmington, au Delaware, une ville située entre New York et Washington, Mme Cary est née de parents particulièrement actifs dans la lutte contre l’esclavage. La maison familiale était utilisée comme station du chemin de fer clandestin pour offrir un refuge aux esclaves en fuite.
Après des études en Pennsylvanie, la jeune femme est devenue enseignante et son premier article est paru en 1948. Ce dernier était un appel vibrant à la mobilisation du mouvement abolitionniste.
C’est en 1850 que la famille Shadd s’est rendue au Canada pour fuir la Loi sur les esclaves fugitifs. La nouvelle loi menaçait de renvoyer en esclavage les Noirs libres du Nord et les esclaves qui s’étaient échappés.
« Elle est l’une de nos premières féministes, à mon avis, et a certainement été une pionnière de l’égalité en Amérique du Nord, » témoigne Samantha Meredith, directrice exécutive et curatrice de la Chatham-Kent Black Historical Society basée en Ontario.
Un buste de Mary Ann Shadd Cary est exposé dans le BME Freedom Park de Chatham, Ontario, en honneur de la communauté noire de la ville et de la première église épiscopale méthodiste britannique du Canada. Cette église était un véritable symbole pour la communauté noire explique Mme Meredith.
Trois ans plus tard, l’enseignante fonde The Provincial Freemen, une publication hebdomadaire destinée aux Noirs, en particulier aux esclaves évadés.
Le slogan du journal était : « Consacré à la lutte contre l’esclavage, à la tempérance et à la littérature générale ». La première édition a paru à Toronto, le 24 mars 1853, et le journal a vécu quatre ans.
Mary Ann Shadd Cary a beaucoup voyagé entre le Canada et les États-Unis pour promouvoir son journal et demander de l’aide pour les fugitifs noirs, malgré tous les risques encourus. Les Noirs libres pouvaient être capturés par des chasseurs de primes à la recherche d’esclaves échappés.
Le Canada a rendu hommage à Mme Shadd en 1994 en la nommant Personne d’importance historique nationale. Elle figure aussi dans le guide d’étude de l’examen de citoyenneté du Canada, publié en 2009.
« Je pense que son héritage peut définitivement montrer aux gens, en particulier aux jeunes, que se battre et défendre ce qui est juste ainsi que l’égalité est un combat qui en vaut la peine, » explique la curatrice de la Chatham-Kent Black Historical Society.
« D’autant plus qu’aujourd’hui, ces questions qui ont toujours existé se posent encore en matière de racisme et d’égalité. Une grande partie de ce qu’elle a écrit dans le Provincial Freeman résonne encore aujourd’hui, alors que le monde continue de lutter pour mettre fin au racisme. »
Avec les informations de Google et Devdiscourse.