Taux de suicide chez les garçons au Nunavut: plus faible dans la capitale

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Le taux de suicide chez les garçons inuits âgés de 15 à 19 ans est 20 fois plus élevé à Iqaluit — la capitale du Nunavut — que la moyenne nationale.

Cependant, il demeure nettement inférieur à celui des autres communautés du territoire à 252 suicides par 100 000 personnes, contre 897 par 100 000 personnes.

C’est ce qu’a relevé Jack Hicks, un chercheur et professeur de l’Université Carleton, à Ottawa, après avoir épluché les données du Bureau du coroner du Nunavut.

Il indique par ailleurs que le taux de suicide dans les plus petites villes et villages est 40 fois supérieur à la moyenne canadienne.

Les jeunes hommes plus à risque

L’année dernière, un nombre sans précédent de Nunavutois se sont enlevé la vie et la coroner en chef a réagi en annonçant la tenue d’une enquête pour mieux comprendre le problème.

Ce sont au moins 45 personnes qui ont mis fin à leurs jours en 2013.  Ce chiffre s’ajoute aux quelque 400 suicides recensés depuis la création du territoire en 1999.

La moitié des morts étaient des enfants de moins de 15 ans et la grande majorité étaient des garçons.

Le suicide chez les jeunes de l’Arctique est une question qui inquiète les pays du cercle polaire et par conséquent le Canada dirigera une équipe internationale qui tentera de trouver des moyens de prévenir plus de décès.

Ce mois-ci, des chercheurs de huit pays se rendront dans les communautés autochtones de l’Arctique pour étudier le phénomène.

Causes multiples

De façon générale, le suicide chez les hommes est souvent lié à des troubles de santé mentale.

Dans le cas des jeunes inuits, les traumatismes transmis de génération en génération jouent une rôle clé, selon une étude réalisée par Jack Hicks.

Or, le chercheur est d’avis que les conditions sociales, meilleures dans les grands centres, peuvent constituer un facteur de protection.

L’accès à des emplois, des services éducatifs et des programmes d’aide de qualité, tout comme la présence de modèles de pairs positifs, contribueraient à donner aux garçons un certain espoir, mais Jack Hicks souligne que cette théorie doit être confirmer par des recherches.

Le suicide au Canada

Le suicide représentait la 9e cause de décès au pays en 2011, alors que 3 728 personnes se sont donné la mort.  C’est plus que le bilan combiné des victimes de meurtre, de noyades, d’accidents de la route, du VIH, de la guerre et de la grippe.

Comme la santé est de compétence provinciale et territoriale, le Canada ne dispose pas d’une stratégie nationale de prévention du suicide, à la différence de bien des pays.

Des groupes comme l’Association canadienne de prévention du suicide en réclament une.

Si vous vous trouvez au Canada et vous ou un de vos proches êtes en détresse, consultez le répertoire des centres de crise par province (en anglais seulement).

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Caroline Arbour

Caroline got her start in journalism at RCI, filing items in French and English from its Montreal, Ottawa, Toronto and Vancouver bureaus. Bitten by the radio bug, she also nevertheless subsequently tried her hand at reporting for television, print and the Web, freelancing for Radio-Canada, CBC, Voice of America, L’actualité magazine and The Atlantic’s business site Quartz. Her favourite stories to cover are ones that show resilience in its many forms and also ones that highlight no issue is ever black and white. In Caroline’s wildest and weirdest dreams, she imagines spending her days roaming the Andalusian countryside on a vintage motorcycle, photographing its diverse and stunning beauty.

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