La santé des Inuits d’Ottawa nécessite une nouvelle approche, révèle un rapport

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Le rapport fait ressortir l’importance d’une  communication plus accrue et d’une plus grande compréhension des communautés inuites dans le système de santé à Ottawa.  Il a été aussi établi que la population est quatre fois plus élevée que ce que donnent les chiffres de Statistique Canada. (Bob Corson/iStock )
 L’incompréhension culturelle et l’insuffisance de ressources dans le système médical auraient un impact négatif sur la communauté inuite d’Ottawa, dit une étude publiée plus tôt dans le mois.

« Il y a deux obstacles majeurs communément rapportés parmi la population inuite fréquentant le système de santé, nous explique le rapport. Le premier est de ne pas comprendre ou de comprendre de façon partielle ce que le personnel soignant leur dit (le langage utilisé est parfois beaucoup trop technique et cela n’a plus aucun sens pour ceux-ci). Le deuxième obstacle est le manque de confort avec le personnel soignant parce qu’il n’est pas apte à saisir la culture du patient inuit. »

Le rapport Our Health Counts (notre santé compte) fait ressortir l’importance d’une communication plus accrue et d’une plus grande compréhension des communautés inuites d’Ottawa. Il a aussi été établi que la population est quatre fois plus élevée que ce que donnent les chiffres de Statistique Canada.

« La proportion frappante d’Inuits qui n’ont pas participé au recensement de 2006 (dans la ville d’Ottawa) vient confirmer la théorie de nombreux groupes communautaires qui décriaient leur sous-représentation dans le sondage », nous dit l’étude.

Pour donner suite à cette conclusion alarmante et par rapport à l’urgence de la situation, les constats émis par le groupe d’études menées par la docteure Janet Smylie et la docteure Michelle Firestone font état de six points majeurs sur lesquels l’étude repose.

Principaux constats du groupe de recherche
  • La population inuite d’Ottawa est réseautée, jeune, populeuse et parle en grande majorité l’inuktitut.
  • Il existe des inégalités au niveau du revenu, de l’éducation, de l’employabilité, du logement et de la sécurité alimentaire entre ceux-ci et le reste de la population.
  • La population inuite est plus atteinte par les maladies chroniques, elle a des problèmes d’accessibilité aux soins de santé et est plus souvent admise aux urgences médicales.
  • Elle subit de la discrimination, des traumas, de la violence et des perturbations familiales.
  • Les problèmes de santé mentale sont plus élevés dans cette portion de la population
  • La communauté a une grande capacité à se prendre en charge par elle-même.
Une étude qui fait la promotion du rapprochement interculturel
Le rapport statue également que les Inuits vivant à Ottawa n’ont pas un meilleur état de santé qu’au Nord. (Jacques Boissinot/La Presse Canadienne)

L’organisation à but non lucratif Tungasuvvingat Inuit a sorti ce rapport le 18 janvier 2018, qui fait état des conditions de vie des populations inuites urbaines de la ville d’Ottawa. Ce rapport se concentre sur la santé, le bien-être et l’accessibilité aux services de santé de ceux-ci et il se base sur le témoignage de 345 adultes inuits de plus de 18 ans.

L’organisme Tungasuvvingat Inuit est implanté à Ottawa depuis 1987.   T.I. est un centre de ressources communautaires qui offre ses services aux populations inuites vivant au Canada et plus spécifiquement à ceux qui se retrouvent en contexte urbain.

Le rapport adresse aux paliers gouvernementaux et aux organismes concernés des recommandations dans les domaines de la santé mentale et de la saine nutrition, et demande un travail de rapprochement interculturel, de même qu’une approche juridique renouvelée.

Il est important de rappeler, toujours selon T.I., que 30 % de la population inuite vit aujourd’hui à l’extérieur du Nord et que ces populations doivent avoir un accès équitable aux services de base.

 

 

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