Jeux du Québec : une équipe du Nunavik déçue par la cérémonie d’ouverture

L’équipe de volleyball féminin du Nunavik aux 53es Jeux du Québec à Thetford Mines. (Radio-Canada)
Le coup d’envoi des Jeux du Québec, vendredi soir à Thetford Mines (sud-est du Québec), a été assombri par l’accueil réservé à une équipe de volleyball féminin du Nunavik (région inuite du Nord-du-Québec). Juste avant la cérémonie, les jeunes filles se sont fait demander de ne pas porter leur chandail, et d’enfiler plutôt celui de Chaudière-Appalaches.

L’équipe composée de 12 jeunes filles âgées de 12 à 16 ans n’avait pas le statut de délégation officielle. Elle faisaient partie d’une « équipe invitée » parrainée par Chaudière-Appalaches.

Selon le directeur général de Nunavik Volleyball, Philippe Paradis, il était clair dès le départ que son équipe était responsable de son propre équipement pour participer aux 53es Jeux du Québec.

M. Paradis dit avoir exprimé à plusieurs reprises à Sports Québec le désir que son équipe puisse porter son chandail lors de la cérémonie d’ouverture.

« Juste avant la cérémonie d’ouverture, on s’est fait dire qu’il fallait porter les chandails de Chaudière-Appalaches. »

Philippe Paradis, directeur général de Nunavik Volleybal
Philippe Paradis, directeur général de Nunavik Volleyball. (Radio-Canada)

La demande a causé tout un émoi au sein de l’équipe.

Il aurait ensuite été proposé aux jeunes filles qu’elles enfilent le chandail de Chaudière-Appalaches par-dessus leur chandail du Nunavik uniquement pour l’entrée officielle, et qu’elles le retirent une fois assises.

Refus d’obtempérer

« On a refusé, raconte M. Paradis. Les filles se sont parlé. On a parlé de politique un peu […] Les filles ont décidé de porter leur gilet », allant ainsi à contresens de la proposition qui leur a été faite.

Sports Québec confirme qu’au final, les membres de l’équipe de volleyball féminin du Nunavik ont pu porter leur gilet régional. Mais Philippe Paradis croit que la portée de cette histoire est plus grande.

« Ce n’est pas une question de chandail : c’est une question d’identité. On me répondait que c’était une question de protocole, mais le protocole, on ne l’a jamais reçu. Il y a un manque de communication. »

Philippe Paradis, directeur général de Nunavik Volleybal
L’équipe de volleyball féminin du Nunavik aux 53es Jeux du Québec. (Radio-Canada)

Dans un message écrit, la directrice des communications corporatives de Sports Québec, Michèle Demers, affirme que les équipes invitées se font toutes demander de porter le chandail de la délégation qui les parraine.

Pas de mention du Nunavik

Une autre chose a profondément blessé l’équipe du Nunavik : lors de l’entrée des délégations, toutes auraient été nommées par leur appartenance géographique, hormis le Nunavik.

Même si elles étaient là à titre d’invitées, les représentantes du Nunavik auraient dû être mentionnées, selon Philippe Paradis. Il rappelle que les filles viennent de loin.

« Ça nous coûte 45 000 $ pour faire un camp comme ça. À cause des coûts, de venir aux Jeux du Québec, c’est extrêmement difficile d’avoir accès au sport. »

L’assistante-entraîneure de l’équipe, Samantha Leclerc, dit avoir eu « le cœur brisé ».

Samantha Leclerc, assistante-entraîneure de l’équipe de volleyball féminin du Nunavik aux 53es Jeux du Québec. (Radio-Canada)

« Ça aurait été bien d’avoir une pancarte pour dire que les Inuits du Nunavik sont ici aussi pour les Jeux du Québec », ajoute-t-elle.

Des manquements

M. Paradis reconnaît toutefois que le Nunavik n’est pas une délégation officielle. Il ne condamne donc pas Sports Québec et ne croit pas qu’on ait voulu cacher la présence de son équipe.

« Je crois vraiment que c’est un tourbillon. Sports Québec a eu des manquements au niveau de la communication, des manquements au niveau de la réflexion. »

Philippe Paradis, directeur général de Nunavik Volleybal

« Sports Québec ne souhaitait en aucun cas heurter les jeunes athlètes du Nunavik et reconnaît qu’une mention spéciale à leur attention lors de la cérémonie d’ouverture aurait été de mise », écrit Michèle Demers.

« [L’organisation] entend réajuster les normes et procédures pour la participation future [d’une] équipe spécialement invitée », poursuit-elle.

Symbolique

Philippe Paradis affirme qu’il n’est question ni de discrimination ni d’intimidation. Il s’agit pour lui d’une simple question de symbolique.

« On est très bien accueillis partout où on va. Là, il y a eu des manquements, souligne-t-il. Ce qu’on aimerait, c’est [qu’on réalise] qu’on l’a échappé et qu’il y a un problème. »

Avec les informations de Camille Simard

Alexandre Duval, Radio-Canada

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