Nouvelles mesures sanitaires dans le Grand Nord canadien, une pression de plus pour les commerçants du Yukon

Whitehorse et ses commerçants doivent s’adapter aux nouvelles restrictions. (Chuck Stoody/La Presse canadienne)
Au Yukon, face à la recrudescence des cas de COVID-19, les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement en début de semaine dernière sont entrées en vigueur. Des commerçants font le bilan des premiers jours.

« On a connu des premiers jours compliqués, [mais] ce lundi semble déjà aller mieux », confie Staci McIntosh, copropriétaire du salon de beauté Head to Toe à Whitehorse.

Elle affirme soutenir pleinement la vaccination obligatoire même si cela ne plaît pas à tout le monde. « Nous avons eu quelques personnes mécontentes, mais on se serre les coudes en tant qu’équipe pour faire ce qui nous semble juste, pour que le monde se débarrasse de la COVID-19 », affirme-t-elle.

« Nous avons été témoin de mauvais comportements à l’accueil. C’est une réalité. Les gens sont frustrés et rejettent cette frustration sur les mauvaises personnes qui ne font que leur travail. C’est décourageant. »Staci McIntosh, copropriétaire de Head to Toe
Staci McIntosh est la copropriétaire du salon de beauté Head to Toe. (Radio-Canada)

En plus de gérer la protection de sa clientèle et de ses employés, elle doit maintenant contrôler les codes QR et pièces d’identité de tous les clients.

Le salon appelle en amont des rendez-vous pour rappeler aux clients de se munir de leur preuve de vaccination pour faciliter la tâche des employés.

Staci McIntosh affirme que l’organisation est déjà bien meilleure cette semaine. « C’est une couche de plus. Mais avec un peu de chance, cette couche sera une solution de courte durée à un problème qui lui dure sur le long terme », ajoute-t-elle.

Elle appelle les petites entreprises à s’entraider. C’est par ailleurs ce qu’elle a fait dès la pause déjeuner en commandant des plats à emporter du Burnt Toast café, un peu plus loin sur la 2e Avenue.

La page Facebook du café a partagé ce week-end un message qui a connu un fort succès avec plus de 500 réactions et 120 commentaires. « Je ne m’attendais pas à ça, c’est assez incroyable pour Whitehorse. On pourrait presque qualifier ça de viral », dit en plaisantant la copropriétaire du café, Lee Willett.

« J’ai publié ce message parce que c’était pour montrer aux gens le genre de commentaires méchants auxquels on fait parfois face. »

Dans une précédente publication, la propriétaire confiait les difficultés auxquelles le café était soumis, comme le manque de main-d’œuvre, ce à quoi la personne aurait répondu qu’elle ne soutiendrait pas le commerce tant qu’il « imposerait les mesures draconiennes du gouvernement ».

Lee Willett et Shannon Corrado sont les propriétaires du Burnt Toast Café. (Radio-Canada)

En réponse, le commerce a reçu une vague de soutien.

Cela est une bonne chose, car les clients manquent à l’appel. « Les gens semblent rester chez eux », constate Lee Willett.

De nombreux touristes venus voir les aurores boréales permettent de compenser ce manque, mais elle pense que « les gens restent à la maison puisque les enfants ne peuvent pas aller à l’école, ce qui entraîne aussi des problèmes de main-d’œuvre », explique-t-elle.

Le premier ministre du Yukon, Sandy Silver, avait expliqué en conférence de presse que le gouvernement avait eu vent d’agressions et d’incivilités envers des employés de première ligne de la part d’individus en colère contre les nouvelles mesures.

« C’est inacceptable et cela doit cesser maintenant », avait déclaré M. Silver. Il avait rappelé que ces « héros » ne font qu’appliquer les règles et que ceux à qui cela pose problème devraient voir ça directement avec lui.

Vincent Bonnay, Radio-Canada

Vidéojournaliste au Yukon pour Radio-Canada

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