Une ville du Nord canadien en rupture de stock durant la première journée de vente légale de cannabis

Sept heures après son ouverture dans un pays où la vente de cannabis à usage récréatif est désormais légale, le seul magasin à en vendre à Yellowknife, la plus grande ville des Territoires du Nord-Ouest, était déjà en rupture de stock.
Les files d’attente, l’excitation d’un premier achat légal, des erreurs de prix et un manque de produits résument cette première journée dans un magasin d’alcool de la ville autorisé à vendre du cannabis.
À son ouverture à 11 h, une dizaine de clients attendaient impatiemment l’ouverture des portes du magasin de la route Old Airport pour acheter leur premier gramme(s).

Selon le gérant du magasin, Edward Eggenberger, l’excitation a duré toute la journée et vers 17 h 30, le magasin avait vendu son dernier gramme.
C’est fait! En moins de 7h de ventes, le magasin de Yellowknife est déjà à court de cannabis. Les clients devront attendre à demain pour la prochaine livraison. #icign #cannabiscanada pic.twitter.com/NXypsiIYOX
— Mario De Ciccio (@MDeCiccio) 17 octobre 2018
Le gérant assure qu’ils recevront plus de produits jeudi matin, mais prévient que la livraison sera plus petite que celle de mercredi qui devait les aider à lancer le premier jour de la légalisation.
Bien que les magasins d’alcools soient privés, c’est la Société des alcools et du cannabis des Territoires du Nord-Ouest (SACTNO) qui gère la distribution et les prix des produits du cannabis.
Selon Edward Eggenberger, son magasin a reçu la première livraison mardi et les prochaines risquent de contenir différents types de produits.

Mercredi, les prix des produits en magasin partout à travers les Territoires du Nord-Ouest s’échelonnaient autour de 12 à 13 $ le gramme. La semaine dernière, le ministère des Finances avait affirmé qu’il faudrait garder une moyenne de prix sous la barre des 10 $ pour contrer ceux du marché noir.
Par courriel, le ministère a assuré que différents produits moins chers seraient distribués d’ici la semaine prochaine.
Selon Edward Eggenberger, il faudra encore des mois avant que les choses se calment et que le magasin soit en mesure d’avoir un inventaire plus régulier à offrir à ses clients.
« Pour l’instant, puisqu’il y a une pénurie, je laisse la tâche à la société pour me fournir en cannabis, peu importe ce qu’ils ont, explique le gérant. À l’avenir, je m’attends à pouvoir offrir ce que les gens veulent. »

Des problèmes de prix
Peu après l’ouverture du magasin à Yellowknife, Radio-Canada a remarqué une irrégularité dans la tarification d’un type de produit.
Les paquets de 3,5 grammes de cannabis de type Banana Split étaient étiquetés à 44,59 $, alors que les paquets de 7 grammes du même produit coûtaient 93,75 $, soit plus cher le gramme.
Questionné sur le problème, le ministère des Finances, qui gère la SACTNO, a répondu qu’il s’agissait en effet d’une erreur dans le système de tarification, et que le problème avait été réglé à 13 h.

Les prix ont plus tard été revus à la baisse, mais il est impossible pour l’instant de savoir combien de clients ont payé leurs grammes de cannabis trop cher par erreur.
La semaine dernière, le ministère des Finances a reconnu qu’il faudrait que les paquets plus volumineux soient plus abordables par grammes pour rivaliser avec ce qui se vend illégalement.
Avec des informations d’Hilary Bird de CBC North