Les améliorations au programme de subventions alimentaires pour le Nord canadien vont-elles assez loin?

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Lancé en 2011, le programme Nutrition Nord Canada a pour but d’apporter des aliments sains aux communautés nordiques isolées. (Radio-Canada)
Davantage d’aliments sont désormais subventionnés.

Malgré un nouveau sous-programme pour aider les chasseurs et pêcheurs et l’ajout de subventions à certains aliments, les modifications au programme Nutrition Nord, qui rentreront en effet le 1er janvier 2019, laissent quelques intervenants sur leur faim.

Le docteur Joseph LeBlanc est directeur de l’Unité des affaires autochtones de l’École de médecine du Nord de l’Ontario. Il a précédemment été président de True North Community Coop, une coopérative de distribution de nourriture à but non lucratif basée à Thunder Bay, en Ontario.

« Le gouvernement [fédéral] a fait des petites améliorations, analyse M. LeBlanc, mon problème est qu’il sait ce qu’il aurait dû faire et qu’il n’a pas été assez loin. »

Comme plusieurs intervenants, M. LeBlanc déplore que le fédéral ait conservé un système basé sur les subventions aux détaillants, et de surcroit à des détaillants spécifiques.

« Mon principal problème, dit-il, est que le gouvernement limite le choix des individus. Il faut être un fournisseur approuvé. Le gouvernement ne permet pas à un marché libre d’exister, où les gens choisissent où ils veulent acheter leur nourriture. »

Selon M. LeBlanc, la nécessité d’être un fournisseur approuvé élimine la compétition, ce qui crée une situation de monopole.

Toutefois, Nutrition Nord offre désormais un soutien financier aux plus petits détaillants.

Cette mesure pourrait éventuellement se traduire par une plus grande offre pour les consommateurs et par des prix plus avantageux dans les collectivités admissibles.

Pour plus de transparence

En soi, le fait qu’il y ait un intermédiaire pose problème. « Quand il y a une entité basée sur le profit, elle essaie de maximiser celui qu’elle peut faire, commente Joseph LeBlanc. C’est un autre secteur critique que le gouvernement a manqué. La subvention est transférée aux gens, mais comment se sont-ils rendus à ce prix en premier? Il n’y a aucune réglementation sur ce qu’il est raisonnable de charger. »

Le manque de transparence et d’imputabilité du programme est aussi un élément à améliorer selon Nathan Obed, le président d’Inuit Tapiriit Kanatami, organisme qui représente les Inuits de la région désignée des Inuvialuits (Territoires du Nord-Ouest), du Nunavut, du Nunavik (Québec) et du Nunatsiavut (Labrador).

Natan Obed, chef de l’Inuit Tapiriit Kanatami, le 3 octobre 2017. (Sean Kilpatrick/La Presse canadienne)

Par voie de communiqué, M. Obed a fait savoir que l’insécurité alimentaire persiste chez les Inuits, malgré le programme Nutrition Nord. Il a toutefois salué la volonté d’Ottawa d’établir un groupe de travail inuit sur la sécurité alimentaire.

Malgré la perplexité face au système énoncé plus haut, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada affirme que des vérificateurs indépendants « vérifient si les détaillants et les fournisseurs inscrits respectent les conditions de leurs ententes de contribution, y compris en faisant profiter les clients de la contribution. »

Quelles sont les améliorations?

De nouveaux aliments ont été ajoutés à la liste des aliments admissibles. Parmi les principaux, notons les pâtes alimentaires, le riz et quelques légumineuses.

De plus, le gouvernement a haussé sa contribution au prix des aliments de 0,15 $ par kilo dans toutes les collectivités. Pour 76 collectivités, il a également offert une bonification pour les aliments qui étaient subventionnés à moins d’un dollar par kilo.

Un nouveau sous-programme de subvention aux exploitants de ressources alimentaires doit aider aux pratiques traditionnelles de subsistance comme la cueillette, la chasse et la pêche. Aucun détail n’a toutefois été révélé sur cette nouveauté.

Le gouvernement fédéral investit 62,6 M$ additionnels sur cinq ans dans Nutrition Nord.

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Denis Lord, L'Aquilon

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