Un projet de recherche sur les effets des changements climatiques dans l’Arctique canadien et américain

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Une équipe de chercheurs canadiens et américains est arrivée dimanche à Cambridge Bay, dans l’Extrême-Arctique canadien, dans le cadre de l’expérience de la NASA sur la vulnérabilité de la région boréale de l’Arctique (ABoVE). (Savoir polaire Canada)
Une équipe de chercheurs canadiens et américains est de passage à Cambridge Bay, une communauté de l’Extrême-Arctique canadien, pour mesurer la vulnérabilité des écosystèmes nordiques et des populations locales aux changements climatiques.

Migrations de la faune, perturbations causées par les incendies, dégel du pergélisol, changements hydrologiques… Plusieurs bouleversements environnementaux sont étudiés par l’équipe de chercheurs de l’expérience de la NASA sur la vulnérabilité de la région boréale de l’Arctique (ABoVE).

Les chercheurs sont arrivés dimanche à Cambridge Bay, où est installée la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique, pour la deuxième phase de ce projet en trois temps qui doit prendre fin en 2025.

« Notre équipe [procède] à une classification des écosystèmes dans l’optique de les cartographier ici, autour de notre périmètre de recherche, puis dans d’autres régions nordiques », explique l’agent scientifique pour Savoir polaire Canada, Adam Houben, en entrevue téléphonique depuis Cambridge Bay, au Nunavut.

Le projet de recherche, qui réunit environ 700 scientifiques du Canada et des États-Unis, s’intéresse aux effets des changements climatiques sur les écosystèmes de l’Alaska, du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et de l’ouest du Nunavut.

De de la surveillance de l’écosystème aux analyses d’ADN, la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique, située à Cambridge Bay, au Nunavut, couvre différents besoins en matière de recherche. (Savoir polaire Canada)
Analyses exhaustives

L’équipe est constituée de chercheurs de la NASA, de l’organisme gouvernemental Savoir polaire Canada et de l’Université du Wisconsin, aux États-Unis.

« Nos partenaires de recherche de l’Université du Wisconsin étudient des caractéristiques de la végétation », explique-t-il, en citant l’exemple de la chlorophylle, un pigment vert contenu dans les végétaux qui joue un rôle essentiel dans la photosynthèse. Grâce à des capteurs, les chercheurs détermineront notamment la valeur nutritive de certaines plantes en mesurant leur capacité de réflexion et d’absorption de la lumière.

Les scientifiques effectuent leur collecte de données au moyen de technologies de télédétection par satellite et par avion. Les experts de la NASA recueillent pour leur part des données sur la surface de la toundra par de l’imagerie infrarouge, pendant qu’une autre équipe, celle-ci au sol, procède à des analyses sur la végétation.

Contribution des Inuit

Au mois d’avril, un récent rapport d’Environnement Canada révélait que le Nord canadien se réchauffait à un rythme trois fois plus élevé que le reste de la planète. Les populations inuit qui y vivent sont d’ailleurs parmi les premières à en ressentir les contrecoups.

« Les populations [inuit] ont une grande connaissance de leur environnement parce qu’elles vivent dans la région depuis longtemps », estime l’agent scientifique pour Savoir polaire Canada.

Adam Houben croit que leurs connaissances du territoire, dont celles sur les trajectoires des hardes de caribou, sont essentielles aux projets de recherche comme celui de Cambridge Bay.

Selon lui, cette collaboration scientifique est « plus efficace que lorsque des chercheurs travaillent chacun de leur côté ». « Nous n’avons pas les mêmes ressources [que la NASA] au Canada, donc ce partenariat nous offre une excellente occasion de faire de la recherche interdisciplinaire », mentionne Adam Hauben.

À terme, l’objectif du projet de recherche est de colliger des données scientifiques qui orienteront des politiques de gestion de l’environnement dans l’Arctique.

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