Arctique canadien : Noirs et Inuit solidaires face au racisme systémique

Des manifestants se sont réunis vendredi, à Iqaluit, pour protester contre la brutalité policière et le racisme systémique. (Photo fournie par Stephanie Bernard)
Des résidents d’Iqaluit, au Nunavut, ont brandi pancartes et banderoles pour manifester contre le racisme systémique et la brutalité policière.

« Que nous soyons Noirs, Blancs ou Inuit, nous devons être plus proches, nous devons nous entraider davantage, nous devons rester unis », affirme Lodi Pijamini, un résident d’Iqaluit qui a pris part à la manifestation.

Selon les organisateurs, près de 500 personnes ont répondu à l’appel de l’association Nunavut Black History Society en participant au rassemblement qui avait lieu vendredi, en mi-journée.

« Nous avons mis l’accent sur le fait que ça devait être pacifique, mais aussi être une manière d’exprimer notre solidarité entre la communauté noire et la communauté locale », explique la présidente de l’organisme, Stephanie Bernard, une Jamaïcaine établie à Iqaluit depuis sept ans.

Le racisme au Nunavut

La manifestation visait notamment à rendre hommage à George Floyd, un homme noir tué par un policier blanc aux États-Unis le 25 mai, et à soutenir le mouvement Black Lives Matter.

« Le racisme n’est pas seulement une réalité aux États-Unis. Il nous touche aussi ici, au Canada. Il est présent et nous en souffrons. »Stephanie Bernard, présidente de l'association Nunavut Black History Society
Environ 500 personnes ont pris part au rassemblement, selon les organisateurs. (Photo fournie par Stéphanie Bernard)

Stephanie Bernard ajoute que le Nunavut n’est pas épargné par cette situation et que le racisme touche non seulement des membres de la communautaire noire, mais aussi des Inuit.

« Ici, au Nunavut, nous ne sommes pas victimes de racisme systémique venant des forces policières, affirme-t-elle. Par contre, les similarités que nous observons portent sur le racisme à l’égard de la population inuit. »

L’arrestation d’Inuit par la GRC et leur usage excessif de la violence est un problème systémique », poursuit Stephanie Bernard.

Front commun contre la brutalité policière

Le rassemblement se voulait aussi une manière de revenir sur l’arrestation musclée d’un homme à Kinngait par des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), une intervention policière qui a suscité de vives réactions un peu partout au pays.

« Frapper quelqu’un avec une porte de voiture […] ce n’est certainement pas quelque chose qu’on veut voir dans nos forces policières. »Stephanie Bernard, présidente de l'association Nunavut Black History Society
Une saisie d’écran d’une vidéo montre l’arrestation d’un homme par un agent de la Gendarmerie royale du Canada à Kinngait, au Nunavut. (CBC)

Plusieurs manifestants ont par ailleurs critiqué l’absence de membres de la GRC durant la manifestation.

« Le fait que vous ne soyez pas là aujourd’hui signifie que vous vous en fichez […] et j’espère que vous écoutez en ce moment parce que nous n’avons pas terminé : ce n’est que le commencement », a lancé une manifestante dans son porte-voix.

Stephanie Bernard espère que leur cri du cœur se fera entendre à grande échelle. « Nous ne pourrons pas régler le problème si nous ne l’avons pas cerné. Donc c’est important de le comprendre avant toute chose », croit-elle.

L’association Nunavut Black History Society a récemment formé un groupe de travail chargé de formuler des recommandations au gouvernement territorial concernant, entre autres, la cohabitation avec la communauté noire. Sa présidente affirme aussi avoir lancé vendredi une pétition sur le sujet.

Sur les 7740 habitants d’Iqaluit, 555 sont immigrants et 130 sont d’origine africaine, selon les données du recensement de 2016.

Avec les informations de Toby Otak

Matisse Harvey, Radio-Canada

Matisse Harvey, Radio-Canada

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