Dans le Grand Nord canadien, les bisons ne sont pas les bienvenus à Fort Liard, aux Territoires du Nord-Ouest

Les bisons de la harde de Nahanni ont pris l’habitude de se promener dans le hameau de Fort Liard, aux Territoires du Nord-Ouest, faisant craindre à un habitant, des accidents graves avec les humains. (John Gonet)
Un résident du hameau de Fort Liard, aux Territoires du Nord-Ouest, n’en peut plus de voir des bisons se promener à proximité et demande au gouvernement d’intervenir avant qu’un accident ne se produise.

John Gonet, un habitant de Fort Liard, soutient que les bisons se promènent dans le hameau depuis 1980, date à laquelle ils ont été réintroduits par les autorités territoriales dans l’espoir de raviver l’espèce en danger.

Il déplore que les gros mammifères prennent d’assaut les espaces destinés à la communauté, comme la cour de l’école ou la piste d’atterrissage de l’aéroport.

« Ils ne devraient pas être dans la communauté. Les bisons sont des animaux sauvages. »John Gonet, résident de Fort Liard

Gonet assure que les habitants de Fort Liard demandent à leurs députés et au gouvernement territorial d’agir depuis de nombreuses années, mais que rien n’a été fait jusqu’à présent pour résoudre le problème.

Il s’inquiète d’autant plus qu’un accident mortel survenu au Yukon l’année dernière lui rappelle à quel point la situation peut devenir dangereuse. Un homme de Whitehorse est mort en septembre 2020 à la suite d’une rencontre avec un bison lors d’une partie de chasse.

« C’est probablement cela qu’on attend : que quelqu’un se fasse tuer ou qu’il soit blessé », dit John Gonet, que la situation irrite grandement.

John Gonet, un habitant de Fort Liard, dit ne plus construire de toboggan de neige pour son petit-fils depuis qu’il s’est rendu compte que les bisons traversaient sa cour arrière. (Anna Desmarais/CBC)

John Gonet dit aussi que la présence des animaux lui a fait revoir certains aspects de sa vie. Lui qui avait pour habitude de construire un toboggan de neige pour son petit-fils de 5 ans a décidé d’arrêter quand il s’est rendu compte que les bisons traversaient sa propriété.

« Mon petit-fils a trop peur de sortir dans la cour quand un animal de 2500 livres se trouve dans la zone », dit-il.

Selon lui, les habitants du hameau sont toujours sur le qui-vive et vérifient que les bisons ne se trouvent pas dans leur cour avant de sortir, parce qu’il est difficile de repousser l’animal.

Une espèce menacée aux T.N.-O.

Depuis 2016, les bisons des bois sont inscrits en tant qu’espèces menacées sur la liste des espèces en danger des Territoires du Nord-Ouest. Ils ont également ce statut selon le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et la Loi canadienne sur les espèces en péril.

L’un des risques, selon le site Internet du gouvernement territorial, est le conflit avec les êtres humains à cause « d’un manque d’acceptation de l’opinion publique » dans certains endroits.

Le responsable des ressources renouvelables, Julien Sabourin, pense, lui, que, si les bisons sont présents à Fort Liard, c’est parce que l’endroit représente un refuge dans lequel leurs prédateurs, comme les loups, ne s’aventurent pas.

Selon l’employé du ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles, la harde ne représente aucun danger pour les habitants. « Les gens de Fort Liard sont plutôt doués pour respecter les bisons », affirme-t-il, ajoutant que, souvent, ces derniers ont peur des humains.

L’aide de chasseurs locaux pour mitiger la population

L’année dernière, le Ministère s’est associé à des chasseurs locaux qui ont des autorisations pour chasser les bisons proches des limites du hameau. Julien Sabourin affirme que cette pratique a pour but de faire comprendre aux animaux que l’endroit n’est pas si paradisiaque pour eux, ce qui a pour effet de les éloigner de Fort Liard.

Il estime que la chasse a été un succès et ne ferme pas la porte à une nouvelle séance de chasse à l’avenir.

En 2019, le plan territorial de gestion des bisons de la harde de Nahanni suggère la création d’un « habitat de diversion » pour éloigner les bisons du hameau. M. Sabourin avoue que, même si le projet est à l’étude, il n’existe pas de calendrier de mise en œuvre pour le moment.

Alors que les biologistes du ministère terminent une étude sur la taille de la harde de Nahanni, Julien Sabourin affirme qu’en fonction de son importance, il serait envisageable de donner plus d’autorisations aux chasseurs afin d’en réguler le nombre d’individus.

Avec les informations d’Anna Desmarais

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