Les humains présents dans l’Arctique il y a 40 000 ans, selon une étude

Des rennes dans la péninsule de Yamal, dans l’Arctique russe (iStock)
Des scientifiques russes ont découvert des bois de rennes entaillés qui indiqueraient une occupation de l’Arctique russe par les humains il y a au moins 40 000 ans.

L’équipe de l’Académie des sciences de Russie a analysé des ossements d’animaux retrouvés ces dernières années dans un ancien ruisseau sur le site paléolithique de Kushevat, près du fleuve Ob, en Iamalie.

On a retrouvé dans la fosse qui a fait l’objet de fouilles des ossements de renne, de bison des steppes et de mammouth laineux, entre autres, s’étendant sur plusieurs mètres.

Des bois de rennes présentaient des marques caractéristiques de l’utilisation d’un outil tranchant qui ne peuvent pas s’expliquer par un processus naturel, selon l’équipe dirigée par Ivan Zolnikov.

La datation au carbone 14 a permis d’estimer le moment de la mort de l’animal à 40 000 ans avant notre ère.

Les travaux ont été rapportés plus tôt cet été par l’Institut de physique nucléaire Budker et publiés dans la revue Archaeology, Ethnology and Anthropology of Eurasia.

Des fragments de bois de renne comportant des marques que les chercheurs interprètent comme étant d’origine humaine. (Zolnikov et al., Archaeology, Ethnology and Anthropology of Eurasia)
L’humain moderne arrivé plus tôt qu’on ne le croyait dans le Grand Nord 

Pendant longtemps, expliquent les chercheurs, l’hypothèse a prévalu que le nord de la Sibérie occidentale était recouvert d’un vaste glacier il y a 12 000 à 30 000 ans et qu’au sud de celui-ci se trouvait un grand plan d’eau d’une profondeur de plus de 100 mètres. Pour cette raison, on pensait qu’il était inutile de rechercher des sites archéologiques datant de la période d’il y a 30 000 à 40 000 ans dans cette région, disent les chercheurs dans un communiqué.

Or, récemment, des scientifiques ont montré qu’il n’y avait pas de couvert de glace dans le nord de la Sibérie occidentale il y a entre 12 000 et 30 000 ans. La glace y était présente beaucoup plus tôt, il y a entre 60 000 et 90 000 ans, poursuivent les scientifiques. Ainsi, la fenêtre temporelle entre 30 000 et 40 000 ans avant notre époque aurait été propice à la présence d’humains. C’est pourquoi les archéologues s’intéressent à cette région depuis les dernières années.

En 2016, une autre équipe d’archéologues avait rapporté la découverte d’une carcasse de mammouth dans le nord de la Sibérie dont les os comportaient des traces d’outils utilisés pour la chasse ou le dépeçage. Ces os remontaient à près de 45 000 ans.

La carcasse en question avait été trouvée en 2012 dans des sédiments gelés d’une falaise de la baie de l’Ienisseï. Cela indiquait donc la présence très probable d’humains dans cette région de l’Arctique à cette époque.

Avant ces découvertes récentes, les plus anciennes traces d’occupation humaine dont nous disposions à une latitude aussi nordique remontaient à 35 000 ans.

D’autres études ont montré que des Néandertaliens vivaient possiblement dans l’Arctique ou près de l’Arctique russe autour de l’an 30 000 avant notre ère. Il y a lieu de se demander s’il y a eu une cohabitation ou des échanges entre les humains modernes et les Néandertaliens dans cette région à cette époque. 

La présence de l’humain dans l’Arctique russe a pu être un prélude à son passage, plus tard, vers le continent américain.

L’hypothèse prévalente chez les archéologues est que les humains sont passés de l’Asie à l’Amérique par le détroit de Béring il y a environ 12 000 ans, en se fiant aux vestiges archéologiques en Amérique du Nord. Mais certains archéologues avancent une arrivée des humains en Amérique beaucoup plus tôt, peut-être il y a 22 000 ans.

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