Célébration d’une chasse traditionnelle au harpon dans le Grand Nord canadien

Une quinzaine de chasseurs et de chasseuses d’Iqaluit ont abattu une baleine boréale, vendredi soir, dans la baie de Frobisher. (Mary Tatty/CBC)
Des chasseurs d’Iqaluit et d’Igloolik, au Nunavut, ont célébré leurs prises fructueuses tout au long de la fin de semaine : deux baleines boréales chassées respectivement vendredi et dimanche, faisant la fierté de leurs familles et de leur communauté.

Comme le veut la tradition inuit, les chasseurs ont partagé l’ensemble de leurs prises avec la communauté. Une baleine boréale peut habituellement nourrir plusieurs centaines de personnes. Viande, fanon, graisse… chaque partie du mammifère est consommée ou réutilisée, notamment pour la confection de sculptures.

Tous les morceaux de la baleine boréale chassée près d’Iqaluit étaient accessibles aux résidents qui souhaitaient s’en procurer. (Matisse Harvey/Radio-Canada)

Le mammifère, chassé à une quinzaine de kilomètres d’Iqaluit, dans la baie de Frobisher, mesurait environ 8,5 m de long. L’animal a été chassé au harpon, une pratique ancestrale d’une grande complexité qui, avec le temps, a souvent été remplacée par le fusil.

Traditionnellement, la chasse à la baleine boréale se pratique en groupe, ce qui permet aux chasseurs, dispersés dans plusieurs bateaux, d’encercler l’animal.

Le capitaine Solomon Awa, qui est aussi réputé pour sa confection d’igloos, était accompagné de 13 chasseurs et de 2 chasseuses. Il s’est dit particulièrement fier qu’ils soient parvenus à chasser la baleine avec un harpon.

C’est quelque chose dont nous pouvons être très fiers. Cela me rappelle nos ancêtres qui n’utilisaient pas les outils modernes dont nous disposons aujourd’hui pour chasser les baleines boréales.Capitaine Solomon Awa

« La seule différence est que nous pouvions compter sur des bateaux à moteur pour nous déplacer en groupe », poursuit-il.

Des bateaux à moteur utilisés lors de l’expédition, dans la baie de Frobisher, près d’Iqaluit. (Mary Tatty/CBC)

À Iqaluit, les dernières chasses à la baleine boréale remontaient à 2018 et à 2011. Avant cela, cette pratique était interdite depuis plus d’un siècle pour maintenir la population de baleines dans la région. Elle a été à nouveau autorisée au milieu des années 1990, lorsque cette population a commencé à augmenter. Des chasseurs de quelques communautés ont ainsi pu attraper une baleine boréale par année.

Une vingtaine de chasseurs d’Igloolik effectuent une prière sur une baleine boréale tuée quelques heures plus tôt. (Louisa Kipsigak)

À Igloolik, le capitaine David Qaunaq était accompagné d’une vingtaine de personnes. Il explique qu’ils ont mis environ cinq jours pour parvenir à abattre la baleine, d’abord au fusil, puis au harpon.

« L’un des jeunes chasseurs était le conjoint de ma petite-fille, dit-il. Il est monté sur la baleine et l’a harponné. »

David Qaunaq affirme d’ailleurs qu’il n’avait encore jamais vu autant de jeunes chasseurs prendre part à l’expédition à Igloolik.

Avec des informations de Cindy Alorut

Matisse Harvey, Radio-Canada

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