Des compagnies de transport maritime de l’Arctique veulent être mieux outillées

Les principales compagnies de transport maritime de l’Arctique réclament plus d’information et davantage de brise-glaces pour les aider à naviguer dans les eaux arctiques. Selon elles, il est de plus en plus difficile d’y faire évoluer les bateaux de façon sécuritaire à cause des vents et de la glace.
Les dirigeants des compagnies NEAS Group, Desgagnés Transarctik inc. et Armateurs du Saint-Laurent, toutes établies au Québec, ont publié vendredi une lettre ouverte appelant les gouvernements fédéral et provincial à investir dans l’infrastructure, la cartographie et la collecte de données afin de renforcer et de moderniser les routes maritimes de l’Arctique.
Ces entreprises ravitaillent les communautés et les entreprises du Nord en nourriture, en carburant, en équipements et en matériaux de construction.
Dans leur lettre, les trois compagnies soulignent l’importance de garantir des chaînes d’approvisionnement efficaces pour les communautés.
Investir dans le logement nordique et la formation locale permet de livrer plus rapidement les bases de recherche et sauvetage, des soins de santé et des offres d’emploi importantes pour nos jeunes, disent-elles.
Si le réchauffement des eaux arctiques permet d’allonger la saison des livraisons, selon les signataires de la lettre, les personnes qui y naviguent affirment que les conditions y sont souvent imprévisibles.
David Rivest, président-directeur général de Desgagnés Transarctik, indique que ses employés observent des vents plus forts et de plus grosses vagues en automne, ainsi que des mouvements de glaces moins prévisibles dans des zones où la glace était auparavant bien compacte.
Ces conditions nuiraient à la sécurité et à la productivité des équipages.

Cela impose de toutes nouvelles dynamiques à la saison des livraisons, indique David Rivest.
Selon lui, toutes les données que la Garde côtière ou Changement climatique Canada pourrait fournir aideraient à mieux prévoir les conditions de navigation.
Selon Daniel Dagenais, président et chef de la direction du Groupe NEAS, des outils comme la bathymétrie, qui mesure la profondeur de l’eau, et des données sur la glace et les prévisions météorologiques, contribueraient à améliorer les choses.
Si on avait plus d’informations, plus précises et plus fréquemment mises à jour, cela rendrait la navigation et l’ensemble de l’Arctique beaucoup plus sécuritaires, affirme Daniel Dagenais, président et chef de la direction du Groupe NEAS.
Daniel Dagenais souhaite également qu’il y ait davantage d’infrastructures, comme des rampes bâties sur les berges des communautés, qui permettraient d’accroître la fréquence des livraisons.
À Kinngait, par exemple, auparavant, les navires du Groupe NEAS ne pouvaient accéder à la communauté qu’environ six heures par jour. La nouvelle rampe permet de le faire 24 heures sur 24.
Le gouvernement fédéral s’est engagé à construire deux brise-glaces polaires d’ici 2030 et 2032.
Dans sa politique étrangère de 2024, le gouvernement reconnaît également l’urgence générée par la fonte des glaces.
Selon David Rivest, la valeur des infrastructures réclamées aux gouvernements par les trois entreprises dépasse la simple question des profits.
Nous apportons des maisons, des écoles, des centres de soins de santé [aux communautés], souligne-t-il.
Avec les informations de Natalie Pressman et Carl-Éric Cardinal
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