T.N.-O. : la route du Mackenzie, sur le chemin des grands projets nationaux?

Aux Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.), le gouvernement territorial pousse pour mettre le projet de route dans la vallée du Mackenzie sur la liste du Bureau des grands projets d’Ottawa. Mais plusieurs questions restent encore en suspens.
Cette initiative vise à relier Wrigley et Norman Wells avec une route de 321 kilomètres praticable à l’année.
L’objectif est de réduire les conséquences des changements climatiques sur l’approvisionnement des communautés qui se fient aux routes de glace en hiver et au transport par barge en été.
Pour la députée libérale des T.N.-O., Rebecca Alty, les paramètres de ce projet d’infrastructure ne collent toutefois pas totalement aux critères des grands projets nationaux.
Comme c’est une route dans une seule juridiction, ça ne concerne pas le Bureau des grands projets, avance celle qui est aussi ministre des Relations Couronne-Autochtones.
Rebecca Alty compare ce projet à deux autres idées soumises par le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO): l’agrandissement de la centrale hydroélectrique Taltson et le corridor économique et de sécurité de l’Arctique, qui pourrait relier Yellowknife au port en eau profonde de la baie Grays, au Nunavut.
Le territoire y croit
Pour Charles McNeely, le directeur du Sahtu Secretariat Incorporated, c’est aussi une occasion de développer l’exploration minière dans la région.
On veut de l’exploration, avance-t-il, le Sahtu est prêt à faire affaire. Nous voulons faire prospérer nos enfants et leur ouvrir des portes.
Graeme Clinton, un économiste basé à Yellowknife, remet toutefois en question les retombées économiques envisagées par ce projet.
Il n’y a pas de projet d’exploitation de ressources ou un autre projet majeur qui découlerait de cet investissement. C’est purement de l’infrastructure publique, explique-t-il.
Graeme Clinton doute que la route de la vallée du Mackenzie puisse un jour être rentable.
Selon le GTNO, cela prouve la nécessaire implication du gouvernement fédéral.
Quand les chemins de fer ont été construits, savait-on quelles en seraient les retombées? demande Caroline Wawzonek, ministre responsable de l’infrastructure stratégique.
« Bien sûr que non, nous ne pouvons garantir ce genre de choses. C’est pour cela que ce ne sont pas les compagnies privées qui se chargent de ces chantiers, mais les gouvernements. »
Au fil des années, le gouvernement fédéral a déjà investi partiellement pour ce projet estimé à 1,65 milliard de dollars. Mais pour la ministre ténoise, ce financement par phases n’est ni rentable ni efficace.
Caroline Wawzonek indique avoir rencontré Dawn Farell, la directrice du Bureau des grands projets, plus tôt ce mois-ci.
Selon elle, cette dernière n’a pas indiqué que les projets présentés par les T.N.-O. pourraient recevoir un traitement accéléré. Les discussions ont notamment exploré des manières de faire de ces trois initiatives un moyen de « débloquer le potentiel du Nord ».
Par courriel, la députée Rebecca Alty indique toutefois que le projet de route dans la vallée du Mackenzie n’a pas forcément besoin de ce bureau pour se concrétiser.
Elle avance notamment qu’Ottawa pourrait puiser dans la Banque de l’infrastructure du Canada ou encore dans le Fonds d’infrastructure pour l’Arctique, doté de 1 milliard de dollars.
Avec les informations de Sydney Cohen.
