La Croix-Rouge bientôt déployée au Nunavik pour lutter contre la tuberculose

La Croix-Rouge canadienne (CRC) viendra prêter main-forte aux autorités de santé publique dans la lutte contre la tuberculose au Nunavik, dans le Nord-du-Québec, alors que la maladie a atteint un niveau de transmission inégalé dans la région au cours de la dernière année.
Il ne s’agit pas ici d’un déploiement complet des services de soutien de la Croix-Rouge, assure la Régie régionale de santé et de services sociaux du Nunavik, par voie de communiqué.
La CRC souhaite toutefois soutenir les équipes de première ligne et renforcer la réponse régionale face à la tuberculose.

La première phase du projet de collaboration sera par ailleurs axée sur l’observation des pratiques existantes dans les centres de santé locaux. Il sera aussi question d’une « mise à l’essai de mécaniques de collaboration avec les équipes locales », a déclaré la RRSSSN.
Les équipes de la Croix-Rouge seront d’abord déployées dans les communautés de l’ouest du Nunavik, près de la baie d’Hudson. C’est dans cette région que les cas de tuberculose sont les plus nombreux.

En 2025, il y avait 117 cas de tuberculose actifs au Nunavik, un record. À la mi-février, 13 cas avaient déjà été signalés par les autorités de santé publique depuis le début de l’année.
Selon le médecin en santé publique à la RRSSSN Yassen Tcholakov, les centres de santé locaux font face à de nombreux problèmes spécifiques au Nunavik.
Il fait notamment référence à la surpopulation des logements pour les résidents ainsi qu’au manque d’espace clinique dans les 14 villages du Nunavik.

« Le soutien que nous avons pu obtenir de la part de nos partenaires provinciaux ne couvre pas toute l’étendue des besoins pour la région », se désole le Dr Tcholakov.
Des ressources limitées
Depuis novembre dernier, le Centre de santé Inuulitsivik, qui s’occupe des dispensaires de la baie d’Hudson, a multiplié les opérations de dépistage.
Selon le Dr Yassen Tcholakov, il n’a pas été possible d

e dépister au-delà de 90 % de la population, ce qui demeure insuffisant pour contenir la transmission.
Nous avons plus ou moins la même quantité de ressources qu’il y a quatre ou cinq ans pour lutter contre les éclosions, qui sont toutefois quatre ou cinq fois plus nombreuses en taille, explique-t-il.
La Régie régionale de santé et de services sociaux dénonce par ailleurs le fait que l’organisation n’a pas été en mesure d’obtenir des ressources supplémentaires pour pleinement mettre en œuvre son plan de lutte contre la tuberculose, présenté l’été dernier.
« Malgré les efforts soutenus, le soutien nécessaire à une réponse adéquate à cette crise n’a pas encore été obtenu au niveau provincial. Face à cette réalité, la RRSSSN n’avait d’autre choix que de chercher un soutien supplémentaire auprès de partenaires externes, tel que la CRC, a déclaré la directrice générale de la RRSSSN », Jennifer Munick-Watkins.

La montée du nombre de cas avait suscité beaucoup de craintes dans la région en 2025, notamment auprès des maires du Nunavik, qui s’étaient unis pour dénoncer le manque de ressources médicales dans les communautés.
Par courriel, le cabinet de la ministre de la Santé du Québec, Sonia Bélanger, a déclaré que les autorités de santé publique continuent de suivre la situation de près, avec Santé Québec et les partenaires régionaux, « pour s’assurer d’avoir les ressources nécessaires au dépistage et aux mesures de vaccination ».
Avec la collaboration de Sam Watt
