Voix nordiques, l’appel du Grand Nord à l’église d’Oka

Lydia Etok et Nina Segalowitz, interprètes de chant de gorge inuit, réunies pour le concert Voix nordiques, le 21 février à l’église d’Oka. (France Gaignard/Voix nordiques)

Le 21 février, à l’église d’Oka, dans les Laurentides, sur la rive nord du lac des Deux Montagnes, les chorales Gaïa et Phœbus joignent leurs voix à celles de l’ensemble Oktoecho pour un concert consacré à la nordicité. Des chants de gorge inuit au grand répertoire choral, Voix nordiques propose une traversée musicale des terres froides, de la Laponie au Nunavik, dans un dialogue vibrant des traditions.

Il y a, dans le mot « Nord », plus qu’un point cardinal. Une lumière oblique, des silences immenses, une mémoire façonnée par le froid et la résilience. C’est cette matière sensible que le concert Voix nordiques entend faire vibrer, le 21 février prochain, sous les voûtes de l’église d’Oka.

À l’initiative des chorales Gaïa et Phœbus, dirigées par Roseline Blain, et de l’ensemble Oktoecho, placé sous la direction artistique de la compositrice Katia Makdissi-Warren, le projet se présente comme une exploration chorale d’envergure. La nordicité y est envisagée non comme un simple décor géographique, mais comme une réalité culturelle et humaine, traversée de récits, de gestes et de sonorités.

Du Nunavik à la Scandinavie

Le programme tisse un vaste arc musical reliant la Laponie, la Scandinavie et le Nunavik. Les œuvres d’Erik Bergman, Ēriks Ešenvalds, Jean Sibelius et Jaakko Mäntyyärvi côtoient celles de Richard Kidd et de Katia Makdissi-Warren. À travers ces partitions, c’est tout un imaginaire qui se déploie, fait de paysages enneigés, de forêts profondes et d’élans intérieurs.

La singularité du concert tient cependant à la rencontre des traditions. Les chants de gorge inuits, interprétés par Lydia Etok et Nina Segalowitz, s’entrelacent aux harmonies du chant choral occidental. Ce dialogue sonore, à la fois organique et audacieux, met en tension deux univers qui partagent le souffle comme matière première. Le résultat se veut à la fois évocateur et immersif, invitant l’auditeur à « ressentir le Nord », plutôt qu’à seulement l’écouter.

En amont du concert, une médiation culturelle prolongera cette rencontre. Lydia Etok et Nina Segalowitz présenteront au public les fondements du chant de gorge inuit, pratique ancestrale ancrée dans la transmission orale et le jeu rythmique. Elles échangeront ensuite avec Roseline Blain et Katia Makdissi-Warren sur les modalités de l’intégration de cette tradition au chœur occidental. Un temps de partage pensé comme une véritable passerelle.

Trois ensembles, une même exigence

Fondé en 2013, l’Ensemble Gaïa s’est imposé dans le paysage québécois par son travail sur le répertoire pour voix égales féminines. Composé de musiciennes expérimentées, il se distingue par la souplesse de ses interprétations et la recherche d’un timbre chaleureux et homogène.

Créé en 2015, l’Ensemble Phœbus réunit pour sa part des voix masculines autour d’un répertoire exigeant. L’un des rares chœurs d’hommes de haut niveau au Québec, il défend un large éventail d’œuvres, de Gologanov à Mendelssohn, tout en cultivant l’unité et la cohésion sous la direction attentive de Roseline Blain.

Quant à Oktoecho, en résidence à la Maison de la Culture Ahuntsic depuis 2010, il poursuit depuis sa fondation en 2001 un travail singulier de création. Sous l’impulsion de Katia Makdissi-Warren et avec la codirection de Lydia Etok et de Nina Segalowitz, l’ensemble développe des œuvres originales nourries des croisements entre musiques occidentales, moyen-orientales et autochtones. Une démarche qui épouse la pluralité culturelle du Québec contemporain.

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