Derniers coups de patin dans le Grand Nord canadien avant les Jeux de l’Arctique 2026

La fébrilité se fait ressentir cette semaine à l’aréna Ed Jeske de Yellowknife, où les jeunes athlètes de l’équipe de patinage de vitesse des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) profitent de leurs derniers entraînements avant de s’envoler vers Whitehorse pour les Jeux d’hiver de l’Arctique 2026.
Une dizaine d’athlètes de l’équipe de 15 patineurs de vitesse des T.N.-O. étaient réunis jeudi à l’aréna de dimension olympique de Yellowknife, à un peu plus d’une semaine du début des jeux.
Brigid Murphy, 16 ans, s’entraîne trois fois par semaine depuis qu’elle a été initiée à son sport à l’âge de 10 ans.
La nervosité s’installe à l’approche du voyage. « Je pense que je suis aussi prête que je peux l’être », assure-t-elle avec fébrilité.

L’athlète s’est qualifiée en janvier pour faire partie de l’équipe ténoise. Des 15 membres de l’équipe, 12 ont été recrutés à Yellowknife, deux patineuses proviennent de la ligue de Fort Simpson, et un patineur habite Inuvik.
Les défis du Nord
Yuma McEachern, 14 ans, se dirige vers les Jeux avec un objectif en tête : battre les records de son frère au chronomètre. « J’espère arriver aux compétitions avec assez d’énergie pour le faire », dit-il.
L’athlète, qui patine depuis l’âge de 4 ans, estime être prêt pour les compétitions. Il a notamment eu la chance de participer dernièrement à des compétitions à Edmonton et en Colombie-Britannique.

Éloignés des provinces, les athlètes du Nord canadien n’accumulent souvent que peu d’expérience de compétitions en dehors des territoires, étant donné les coûts de déplacement élevés.
La faible densité démographique restreint également les ressources, comme les équipements et les terrains intérieurs, surtout dans les plus petites communautés.
« Nous n’avons pas les mêmes moyens pour nous entraîner. Peut-être qu’avec ces choses-là, j’atteindrais un plus haut niveau », croit Yuma.
« Il faut s’adapter pour atteindre le niveau des autres équipes. »
Le Nord aurait aussi ses avantages pour les jeunes athlètes. Des évènements sportifs, comme les Jeux de l’Arctique ou les Jeux du Canada, bien que moins fréquents, seraient beaucoup plus accessibles que dans les provinces.
Brigid Murphy s’estime chanceuse par rapport aux patineuses des provinces, très nombreuses à vouloir intégrer les équipes de compétition.

« Je crois que j’ai beaucoup plus de chances de faire le tour du Canada pour des compétitions, comme pour les Jeux de l’Arctique et les Jeux du Canada, par exemple. Si je vivais comme en Alberta, je n’aurais aucune chance de participer à ces Jeux », explique-t-elle.
« Une équipe très forte »
Kerry Egan, entraîneuse de l’équipe de patinage de vitesse des T.N.-O., ne tarit pas d’éloges envers ses athlètes, qu’elle estime capables de se mesurer aux meilleures équipes des régions arctiques.

« Peu importe le résultat, s’ils accomplissent ce dont ils sont capables durant les entraînements, je serai heureuse. Mais je crois que nous présentons une équipe très forte, qui est heureuse de représenter les T.N.-O. », assure-t-elle.
« Je crois que les Jeux de l’Arctique sont incroyablement importants pour les adolescents des T.N.-O. J’ai vu de jeunes éclore et vraiment grandir en l’espace d’une semaine. Leur indépendance s’accroît, on les voit prendre soin les uns des autres et fêter tous ensemble malgré les défaites. »
Un article de Thomas Ethier
